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Roland Garros : tensions entre l'organisation et les stars qui sabotent la journée médias
Une vingtaine de joueurs et de joueuses écourtent leur passage devant les médias à Roland Garros, en réaction à la décision des organisateurs de ne pas augmenter davantage les gains attribués aux différents participants du tournoi. L'action est menée par les principales têtes d'affiche du tennis mondial comme les deux champions mondiaux Aryna Sabalenka et Jannik Sinner.
Le logo de Roland Garros sur le lieu du tournoi visible à Paris, en France le 25 mai 2024. © Alain Jocard, AFP

Avant même le début du tournoi, la guerre est déclarée entre joueurs et organisateurs. Ces derniers ayant refusé de hausser la part consacrée aux revenus pour ceux qui participent au tournoi parisien du Grand Chelem.

La fronde des stars du tennis a commencé de façon brouillonne vendredi à Roland-Garros : seules certaines d'entre elles ont limité comme annoncé leur temps de parole devant les médias pour réclamer une meilleure part des revenus générés par les tournois du Grand Chelem.

Une lutte sans relâche commencée en mars 

Depuis le début en mars 2025 du bras de fer entre les organisateurs de Majeurs et les meilleurs joueurs mondiaux, qui réclament de toucher 22 % des revenus dégagés par les tournois du Grand Chelem, "on a été assez patients", a estimé le 8e mondial Taylor Fritz en conférence de presse. "On a été plutôt cool dans nos demandes et on a tous le sentiment qu'on est ignorés", a regretté l'Américain.

La réponse des organisateurs aux joueurs et joueuses qui réclament la hausse des revenus le 21 mai 2026.

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Comme lui, une vingtaine de joueurs ont décidé de limiter à 15 minutes le temps qu'ils accorderont aux médias vendredi et samedi lors des traditionnelles conférences de presse et interviews d'avant-tournoi avec les détenteurs de droits télévisés. Une référence directe au pourcentage des revenus des tournois du Grand Chelem actuellement reversé aux joueurs, proche de 15 %.

Portable en main, les journalistes ont donc chronométré à la seconde près le temps de parole de l'Américain : 10 minutes 30 secondes dans la principale salle dédiée aux conférences de presse, puis 4 minutes 30 secondes devant le diffuseur américain TNT.

Un exercice de surveillance compliqué par la configuration du centre de presse, où la zone d'interviews réservée aux diffuseurs n'est pas accessible aux journalistes de médias non détenteurs de droits.

Plusieurs journalistes se sont donc agglutinés à l'entrée de la zone réservée aux diffuseurs pour tenter d'apercevoir combien de temps les joueurs accordaient aux télévisions après leur conférence de presse.

De quoi former un embouteillage, le n°1 mondial Jannik Sinner et son équipe se frayant péniblement un chemin, tandis que la Russe Mirra Andreeva (8ᵉ) multipliait les allers-retours dans le centre de presse avec un immense croissant entre les mains.

Dénoncer l'inaction des organisateurs face aux demandes "raisonnables" des joueurs

Si Taylor Fritz a bien quitté le centre de presse après 15 minutes, plus tôt dans la matinée Mirra Andreeva (8ᵉ) avait été moins disciplinée, enchaînant les interviews avec les diffuseurs après avoir déjà passé une dizaine de minutes en conférence de presse.

La demi-finaliste de l'édition 2024 a pourtant assuré soutenir les demandes "raisonnables" des vingt joueurs engagés dans le mouvement de contestation, dont elle fait théoriquement partie au même titre que les n°1 mondiaux Jannik Sinner et Aryna Sabalenka, ou la sextuple lauréate de tournois du Grand Chelem Iga Swiatek (3ᵉ).

Moins demandé cette année à Roland-Garros que d'autres stars du circuit, le Russe Andrey Rublev (13ᵉ) a quant à lui respecté son engagement, dénonçant l'immobilisme des organisateurs face aux demandes des joueurs avant de s'éclipser dans le délai imparti de 15 minutes.

"Lorsque vous essayez de communiquer et que cela ne fonctionne pas, on se dit qu'il faut faire quelque chose pour attirer leur attention et peut-être qu'enfin on parlera", a affirmé Rublev.

En limitant le temps accordé aux médias, et en particulier celui dévolu aux détenteurs de droits, les vingt frondeurs espèrent faire pression sur les organisateurs de Roland-Garros avant une réunion prévue vendredi entre certains de leurs représentants et des cadres de la Fédération française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi.

Après Mirra Andreeva, Andrey Rublev et Taylor Fritz, une dizaine de joueurs engagés dans le mouvement de contestation doivent passer vendredi en conférence de presse et devant les diffuseurs, selon le planning partagé aux médias accrédités par les organisateurs du tournoi.

Avec AFP