
Dix salariés d'Orange se sont suicidés depuis janvier, soit presque autant que sur l'année 2013, selon un rapport de l'Observatoire du stress. Une situation "préoccupante" a jugé, mercredi, la ministre de la Santé, Marisol Touraine.
Orange de nouveau rattrappé par une série de suicides. Dix salariés de l'opérateur télécom se sont suicidés depuis janvier, a constaté l'Observatoire du stress et de la mobilité extrême. "C'est presque autant qu'au cours de toute l'année 2013", a annoncé, mardi 18 mars, cet organisme créé par les syndicats de France Télécom peu avant la vague de suicides qui avaient frappé le groupe en 2008-2009. L'an passé, onze employés du groupe s'étaient donnés la mort.
Sur l'ensemble de ces décès, la "majorité a une relation explicite au travail", assure l'Observatoire. Sur son site, il met en cause "le retour des anciennes méthodes" qui avaient contribué à la crise sociale ayant secoué l'opérateur entre 2007 et 2009. Réorganisations incessantes, "brutalité" du management dans certains services : l'Observatoire du stress lance un appel à la vigilance et demande à la direction de revenir au "contrat social" qui avait permis d'apaiser la situation après 2009.
Intervention du médiateur
Le gouvernement a réagi, mercredi 19 mars, à cette accélération du nombre de suicides au sein d'Orange. "C'est un sujet de préoccupation, bien évidemment. On sait que Orange a vécu des moments difficiles il y a quelques années au regard (des) suicides qui se déroulaient de façon trop forte, trop fréquente dans l'entreprise", a affirmé la ministre de la Santé, Marisol Touraine sur iTélé.
Sollicitée par l'AFP, la direction d'Orange a admis avoir connu "depuis le début de l'année plusieurs suicides".
"Chacun de ces actes est par nature singulier et renvoie à des contextes différents. Néanmoins, ces situations nous rappellent à la vigilance", a dit l'entreprise.
Elle souligne que le médiateur du groupe, Jean-François Colin, rencontrera vendredi les représentants du personnel au Comité national d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail "pour échanger avec eux sur les dispositifs de prévention des conduites à risques", ce qui "permettra le cas échéant de renforcer ou compléter ces dispositifs".
Avec AFP