
L’inquiétude grandit au Brésil à 100 jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2014 de football. Entre retards dans les chantiers et grogne sociale, où en est le Brésil ? Les explications de Karina Chabour pour FRANCE 24.
Retards accumulés, manifestations violentes : la présidente du Brésil Dilma Rousseff, qui joue sa réélection en octobre, a beau marteler que le Brésil va réaliser "la Coupe du monde des Coupes du monde", le doute s'est installé à tout juste 100 jours du début du Mondial.
Les douze stades du Mondial devaient être livrés au plus tard le 31 décembre 2013, pour que la Fifa puisse y effectuer tous les tests nécessaires. Cinq ne sont pas encore prêts, à des degrés divers. Celui de Curitiba, très dangereusement hors délai, a frôlé le carton rouge. Il n'a dû son maintien qu'à l'engagement de la présidente, soucieuse d'éviter un cuisant camouflet.
La sécurité en question
La fronde sociale historique contre la facture publique de la Coupe du monde, la misère des services publics et la corruption des élites, qui avait ébranlé le pays en juin 2013 pendant la Coupe des Confédérations, a peu à peu perdu son souffle. Mais elle s'est radicalisée sous le mot d'ordre "La Coupe du monde n'aura pas lieu". Et fait peser une menace lancinante sur la sécurité des supporteurs.
Mais les Brésiliens, massivement hostiles à ces violences, assurent à 80 % qu'ils ne manifesteront pas pendant le Mondial. L'humeur n'en est pas moins à la grogne et au désenchantement. L'économie tourne depuis trois ans au ralenti, les prix flambent. En 2009, 79 % des Brésiliens soutenaient la tenue du Mondial dans leur pays. Ils ne sont plus que 52 % aujourd'hui.
Car on leur avait promis que la Coupe du monde serait financée à 100 % par des fonds privés. Finalement, ce sont les contribuables brésiliens qui règleront le gros de la facture. Le Mondial devait aussi laisser en héritage de nouvelles lignes de métro, des tramways. Une grande partie de l'ambitieux plan initial de mobilité urbaine a été purement et simplement abandonné en route.
Avec AFP