
Selon un haut responsable de la Coalition nationale syrienne, qui accuse le régime d'avoir fait usage d'armes chimiques lors de l'attaque du 21 août, des prélèvements effectués sur les victimes sont parvenus à l'étranger pour y être analysés.
Des opposants au régime syrien sont parvenus à faire sortir du pays des prélèvements effectués sur des victimes de l'attaque de la nuit du 20 au 21 août près de Damas, afin qu'ils soient analysés à l'étranger par des experts, a déclaré vendredi le secrétaire général de la Coalition nationale syrienne (CNS), Badr Djamous, auprès de l'agence Reuters à Istanbul.
L'opposition accuse le régime d'avoir fait usage d'armes chimiques lors de cette attaque et déplore la mort de plus de 1300 personnes. L'Observatoire syrien des droits de l'homme a affirmé ne pas être en mesure de déterminer s'il y avait eu une frappe chimique et a dénombré plus d'une centaine de morts dans les bombardements de cette nuit-là.
Vendredi matin déjà, des opposants avaient annoncé avoir prélevé des échantillons sur les victimes et leur intention de tenter de les faire parvenir à une équipe d'experts en armes chimiques de l'ONU présente dans la capitale syrienne.
"L'équipe de l'ONU a parlé avec nous et depuis, nous avons préparé des échantillons de cheveux, de peau et de sang et nous les convoyons à Damas grâce à des messagers de confiance", a ainsi affirmé vendredi Abou Nidal, un opposant s'exprimant d'Arbin, une ville sous contrôle rebelle.
D'autres opposants dans la région ont également dit avoir préparé des échantillons mais ajoutent qu'ils n'ont pas trouvé le moyen de pénétrer dans l'hôtel où sont logés les inspecteurs.
"Nous sommes bombardés et, en plus, la Ghouta est encerclée par les checkpoints du régime. Mais même ça ce n'est pas un problème, on peut se débrouiller pour faire sortir les échantillons", explique Abo Mohamed, du faubourg de Harasta. "Le problème, c'est la localisation de la commission de l'ONU dans l'hôtel. Ils sont sous bonne garde, surveillés par les gorilles du gouvernement."
Les Nations unies ont une équipe d'experts en armes chimiques présente depuis dimanche à Damas pour déterminer si des armes chimiques ont précédemment été utilisées dans le conflit syrien, qui a fait plus de 100.000 morts depuis 2011. Ils doivent inspecté trois sites. Les contours de leur mission ont fait l'objet d'âpres négociations entre la communauté internationale et le régime syrien
Avec dépêches