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L'UMP dans le "coma"

Ce matin, les Unes de la presse française sont presque toutes consacrées à la guerre des chefs au sein de l’UMP. Le Figaro se demande s’il faut rire ou pleurer du "chaos" dans lequel l’UMP est plongé. Libération parle de "farce" à droite et de "coma" à l’UMP. De son côté, Le Parisien donne la parole aux militants déçus qui ont crus à un "gag"...

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Une fois n’est pas coutume, le Figaro est sévère envers la droite, avec cet éditorial à la Une : "L’UMP replonge dans le chaos". On ne sait plus s’il faut en rire ou en pleurer, nous dit Alexis Brezet : "On pourrait ironiser des invraissemblables irrégularités de ce scrutin, auprès de quoi le duel Gbagbo-Ouattara semble une votation de canton suisse"… Mais on pourrait aussi pleurer, écrit l'éditorialiste, qui s'exclame : "quelle honte! Quel gâchis!" pour la droite, qui ouvre "un boulevard au pouvoir socialiste".

Même constat dressé par Libération, qui parle de "farce" continue à l’UMP : "Trop forte la droite", ironise la Une…La bataille est "calamiteuse" pour le quotidien pour qui " la droite, au théâtre grand guignol, brille d’une inextinguible énergie" et au sein de laquelle "il faut être cruel pour être roi"…
Et la fracture aujourd'hui est telle que les séquelles seront majeures pour l’UMP, en état de "coma politique" : son existence même est en jeu en raison de cette confrontation. Pour Libé, il sera difficile de remettre autour d’une même table des gens qui en sont arrivés à un tel degré de haine.

Et la droite déçoit aussi ses militants…c’est le constat dressé par le Parisien :
"Tout cela ne fait pas très sérieux" dit le quotidien,
qui parle d’un "incroyable imbroglio", qui tourne au vaudeville. Le Parisien donne la parole à des militants qui se disent exaspérés et qui se sentent même ridicules d’avoir soutenu un tel parti, c'est la cas de Jérôme, abasourdi : "Dimanche soir j’ai cru que c’était un gag"…

Et finalement, de cette bataille qui est le gagnant ? Ni Copé ni Fillon pour Le Monde, mais la "Droite forte". C’est le constat dressé par le site du Monde qui fait le portrait de ce mouvement lancé par plusieurs jeunes sarkozystes qui soutenaient Jean-François Copé :  leur motion est arrivée en tête du vote des adhérents avec 28% des voix.
Son nom, "Droite forte", est un écho à la "France forte", le slogan de Nicolas Sarkozy à la présidentielle. L’un de ses trois chefs de file est Guillaume Peltier, un ancien du Front National. Tous ont fait une campagne active avec des propositions choc : interdiction du droit de grève pour les enseignants, création d’une "charte républicaine pour les musulmans de France"…Un programme ultra-droitier qui puise largement dans les références du FN. Une droite décomplexée dont le parrain idéologique n’est autre que Patrick Buisson.

Patrick Buisson qui triomphe nous dit Nathalie Fressoz sur son blog du Monde… il est l’inspirateur de ce programme qui veut transformer l’UMP en grand parti populaire, et veut dévitaliser le Front National. Conclusion de l’éditorialiste : "l’UMP est en train de devenir un parti de droite identitaire qui échappe à ses fondateurs".

Résultat, certains ne s’y reconnaissent plus. Comme Victor Gaume, professeur de français, qui témoigne dans Rue89. Adhérent depuis 2006, il quitte aujourd’hui le parti qui s’enfonce "dans les marécages de l’outrance". Il refuse cette droitisation de l’UMP et d’être le membre d’une "annexe du FN".

Et sur ce virage droitier voir aussi la Une de Charlie Hebdo ce matin : on y voit Fillon et Copé sur un ring à l'issue d'un match de boxe. Verdict : le gagnant est... Marine le Pen.


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