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"Brouillard révolutionnaire"

Presse internationale, Jeudi 13 septembre. Au menu de la presse internationale ce matin, la mort de l’ambassadeur Christopher Stevens et de trois de ses compatriotes dans l’attaque du consulat américain de Benghazi, en Libye.

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Nous consacrons cette revue de presse internationale à la mort de l’ambassadeur américain Christopher Stevens et trois de ses compatriotes à Benghazi, en Libye.
L'attaque dans laquelle ils sont morts a d’abord été mise sur le compte d'hommes armés en colère contre un film anti-islam, mais il semble ce matin qu’elle résulterait plutôt d'un assaut planifié que de débordements d'une foule en colère. Une hypothèse évoquée par Washington et largement reprise par la presse américaine, et notamment par The Huffington Post, qui rappelle que la mise à sac du consulat de Benghazi a eu lieu le soir du 11 septembre.
Les violences qui ont eu lieu à Benghazi, préméditées ou non, ont en tout cas immédiatement fait irruption dans la campagne pour la présidentielle américaine. The International Tribune revient sur la passe d'armes qui a opposé hier Barack Obama à Mitt Romney. Le candidat républicain a accusé le président démocrate de «comprendre» les auteurs des violences. Ce à quoi Barack Obama a répliqué en déclarant que son adversaire républicain avait le tort de «tirer d'abord et de viser ensuite».
The New York Times écrit que la Libye et la révolution pour la démocratie n’avaient pas de meilleur ami que Christopher Stevens. Le journal étrille au passage Mitt Romney, accusé de «vouloir que les Américains voient en lui un futur président, alors qu’il manqué de toute dignité présidentielle en utilisant ces assassinats comme un prétexte pour non seulement attaquer Barack Obama, mais pour le faire d’une façon qui suggère ou une ignorance dangereuse des faits, ou une volonté tout aussi dangereuse de tordre ces mêmes faits pour parvenir à des fins partisanes».
Les protestations contre le film accusés d’avoir mis le feu aux poudres ont fait tâche d'huile depuis deux jours. Les islamistes ont notamment manifesté devant l'ambassade des Etats-Unis au Caire, où les Frères musulmans ont appelé à un rassemblement demain à travers tout le pays. L’Egypte, ou comme en Libye, ce qui est en train de se passer révèlerait, d’après The Washington Post, le mécontentement des salafistes face au succès des islamistes modérés et des partis laïcs. Le journal évoque le «brouillard révolutionnaire» enveloppant encore les pays du printemps arabe, une confusion qui empêche pour le moment de comprendre avec clarté ce qui est en train de se passer et qui, dans ces circonstances, parviendra à tirer son épingle du jeu.
On l’ignore encore pour le moment, mais pour The Wall Street Journal, la crise en cours s’expliquerait aussi par l’incapacité de l’Administration Obama à tenir un discours de fermeté, et à assumer une politique plus intransigeante vis-à-vis du monde arabe. «La nature a horreur du vide», et les islamistes sont en train de combler le vide créé par l’Administration Obama, écrit en substance le journal, en accusant le président sortant de n’avoir pas su pérenniser l’architecture établie par son prédécesseur, George W.Bush.
L’attaque de Benghazi qui est aussi largement condamnée par la presse arabe, ce matin. Le quotidien émirati Gulf News regrette un «acte déplorable», en écrivant que la vidéo qui enflamme en ce moment les esprits est fausse, immorale, injuste, mais que les attaques contre les représentations américaines le sont aussi, et qu’elles n’amèneront rien de bon dans leur sillage.
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