
Des secouristes font monter le survivant Hernan Gil dans une ambulance à Catia La Mar au Venezuela, le 2 juillet 2026. © Federico Parra, AFP
Alors que les chances de retrouver des survivants s'amenuisent après le double séisme mortel survenu au Venezuela le 24 juin, un homme de 43 ans a été sauvé. Hernan Gil a été extrait par des secouristes, jeudi 2 juillet, des décombres de la guérite de sécurité dans l'immeuble où il travaillait à Catia La Mar.
Venus des États-Unis, du Salvador, du Costa Rica, du Portugal, du Mexique, du Chili et du Venezuela, les équipes de secouristes ont creusé pendant plus de trois jours pour le libérer, tout en lui fournissant de l'eau et de l'air au moyen de sondes et d'un tuyau. Une petite lueur de bonheur dans ce drame qui a fait plus de 2 000 morts et des dizaines de milliers de disparus.
Dans la dernière phase de l'opération, une trentaine de personnes ont travaillé sans relâche dans le parking de l'immeuble pour dégager les décombres, tandis que deux secouristes creusaient un tunnel de trois mètres. Quelques minutes avant d'atteindre le miraculé, ils ont utilisé un marteau perforateur pour briser une dernière dalle, après avoir signalé le risque d'effondrement d'un immeuble voisin.
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixUne extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Réessayer
"Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi difficile, je ne sais pas s'il y a déjà eu un sauvetage aussi long avec ces caractéristiques", a commenté sur place un secouriste sous couvert de l'anonymat.
Hernan Gil a été sorti sur un brancard, puis pris en charge dans une ambulance qui devait l'emmener à Caracas, ont constaté des journalistes de l'AFP. "C'est vraiment un miracle", a déclaré l'épouse de Gil, Gusbimar Gonzalez. "Je suis complètement émerveillée, car c'est la première fois que je vois autant de pays s'unir ainsi pour sauver une seule personne".
Quelque 50 000 personnes portées disparues
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété un deuil national de sept jours "en hommage à la mémoire des victimes".
Leur nombre a été revu à la hausse avec 2 295 morts et plus de 11 000 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez. Mais la catastrophe n'a pas rendu toutes ses victimes : les Nations unies estiment que 50 000 personnes sont portées disparues.
Il y a bien eu une poignée de survivants miraculeux, comme ce petit garçon de trois ans retrouvé vivant mardi, six jours après le plus puissant séisme qu'a connu le Venezuela depuis plus d'un siècle. Mais les experts affirment que les victimes coincées sous les immeubles effondrés ont peu de chances de survivre au-delà de 72 heures.
Debout au milieu des ruines de Caraballeda où son fils a disparu, dans l'État de la Guaira, José Rafael est formel : "Personne ne sortira d'ici, vivant ou mort".
Pour afficher ce contenu Instagram, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixDes dizaines de bâtiments détruits portent une grande lettre D peinte à la bombe. Signifiant "deceased" (décédés), selon la nomenclature internationale pour les opérations de recherche et de sauvetage lors de tremblements de terre, elle met fin aux espoirs d'y trouver des survivants.
Dans un pays déjà soumis ces dernières années aux restrictions de l'information, le gouvernement a limité après le drame l'accès à La Guaira en imposant aux bénévoles un laissez-passer. "Il a été extrêmement difficile d'atteindre le territoire vénézuélien", regrette Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13. "Nous arrivons tard, mais notre objectif demeure de sauver des vies".
L'OMS redoute des épidémies
L'ampleur des dégâts matériels a plongé une partie du pays dans le chaos. Les autorités vénézuéliennes ont installé des centres de distribution d'aide mais les rescapés se sentent davantage soutenus par les étrangers et les bénévoles.
Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour des pillages dans la zone du double séisme, selon le ministère de la Justice, après la publication devenue virale d'agents pris la main dans le sac par des habitants furieux.
Dans l'État de La Guaira, "les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées", s'est alarmé le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR). "Les tensions au sein de la population s'accroissent, alors que l'accès à l'aide demeure limité".
Pour afficher ce contenu YouTube, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
Accepter Gérer mes choixUne extension de votre navigateur semble bloquer le chargement du lecteur vidéo. Pour pouvoir regarder ce contenu, vous devez la désactiver ou la désinstaller.
Réessayer
Fatima Berroteran, 56 ans, habitait dans l'une des 20 tours de la résidence Brisas de Maiquetía. Elle et sa famille dorment sur le parking. "Ici, rien ne nous arrivait. C'est seulement depuis cette nuit qu'ils ont commencé à nous apporter de l'eau", explique-t-elle.
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute des épidémies et s'inquiète de systèmes "inadéquats" de suivi des disparus et d'enregistrement des victimes.
Les perturbations des services de santé, des réseaux d'eau et d'assainissement, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser des flambées "de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche", a averti un porte-parole de l'organisation, Christian Lindmeier.
Avec AFP
