
Vladimir Petkovic, sélectionneur de l'équipe nationale algérienne de football, s'exprime lors d'une conférence de presse à Alger, en Algérie, le dimanche 31 mai 2026. © Fateh Guidoum, AP
Surnommé le "Docteur", le sélectionneur de l'Algérie, Vladimir Petkovic, ne va pourtant pas chercher à soigner son ancienne sélection : la Suisse. Vendredi 3 juillet à 5 heures du matin, heure française, il s'opposera sur la pelouse du BC Place de Vancouver à l'équipe de son pays d'adoption. Leader de la Nati de 2014 à 2021, le Bosnien naturalisé suisse Vladimir Petkovic, tacticien des Fennecs depuis 2024, doit faire face à une équipe familière.
"Même s'il y a quelques nouveaux visages, plusieurs joueurs ont évolué avec moi. Je connais donc bien cet effectif", a-t-il expliqué au soir du match nul des Fennecs contre l'Autriche (3-3) qui leur a permis de franchir la phase de groupes pour la deuxième fois de leur histoire dans un Mondial. "La Suisse est une très bonne équipe, une sélection expérimentée qui participe régulièrement aux grandes compétitions européennes et mondiales. Je sais parfaitement quelle est sa philosophie de jeu", a-t-il poursuivi.

Et des résultats, avec la Suisse, il y en a eu. Accompagnée par Petkovic sur le banc, la Nati avait atteint les huitièmes de finale de l'Euro 2016 et du Mondial 2018, avant de réaliser l'exploit d'éliminer la France de Didier Deschamps et de Kylian Mbappé lors de l'Euro 2020, où elle s'était hissée jusqu'en quarts, battue par l'Espagne aux tirs au but.
Mais l'histoire du technicien avec la Suisse remonte à plus longtemps encore, lorsqu'en 1987, le milieu de terrain, yougoslave à l'époque, y est venu monnayer ses talents, avant d'y fourbir ses premières armes d'entraîneur dix ans plus tard. Il y a obtenu la nationalité, pour enfin, après un passage à la Lazio Rome (2012-2014), prendre en main l'équipe nationale.
Sélectionneur suisse le plus capé, un espoir pour l'Algérie
En sept ans et 78 rencontres dirigées, Petkovic est le sélectionneur resté le plus longtemps à son poste de l'histoire de la sélection suisse.
Un passage aussi éphémère que manqué aux Girondins de Bordeaux, une pause, et le Bosnien a pris, en février 2024, les rênes des Fennecs algériens qu'il a qualifiés pour la Coupe du monde américaine, eux qui n'avaient pas participé aux éditions 2018 et 2022.
Quelques mois avant le début de la compétition, malgré la déception d'une élimination en quarts de finale de la CAN au Maroc face au Nigeria (2-0), la Fédération algérienne, à la recherche de stabilité, a prolongé son contrat jusqu'en juillet 2028, en récompense de "résultats remarquables depuis sa prise de fonction".
Avec Petkovic, l'Algérie, bien aidée par le nouveau format de la Coupe du monde à 48 nations, s'est donc qualifiée pour la deuxième fois de son histoire pour la phase des matches à élimination directe d'un Mondial, après 2014. Au Brésil, elle avait été éliminée par l'Allemagne, future vainqueur du tournoi, en huitième de finale (2-1, a.p.). En décembre 2025, le "Docteur" était parvenu à qualifier les Fennecs pour les huitièmes de finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), une première depuis leur sacre en 2019.

Guidés par l'expérimenté Riyad Mahrez, 35 ans, qui encadre la pépite Ibrahim Maza et l'ancien Lyonnais Houssem Aouar, les Fennecs ont désormais l'occasion de remporter leur premier match couperet après une qualification comme un des meilleurs troisièmes au bout du suspens.
Pour sa deuxième Coupe du monde, reste à savoir si ses connaissances de la Nati pourront être mises à contribution face à un adversaire qu'il connait bien : son ex.
Avec AFP
