
Le Français Mickael Guillard plonge pour marquer le premier essai de son équipe face aux All Blacks à Dunedin, en Nouvelle-Zélande, le samedi 5 juillet 2025. © Peter Meecham, AP
Deux trophées à gagner tous les deux ans, en années paires : le Championnat des nations s'annonce fructueux. Et c'est le XV de France qui ouvre les hostilités, samedi 4 juillet contre la Nouvelle-Zélande, au One New Zealand Stadium.
Cette nouvelle compétition va remplacer les traditionnelles tournées d'été et test matches d'automne, donnant enfin un enjeu à ces rencontres, dernières reliques d'un rugby définitivement passé dans l'ère des droits TV, du marketing et de la communication. Le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié, la voit comme quelque chose "d'original", lui prédisant un "très grand succès" cette semaine en conférence de presse.
Originalité évoquée de cette Coupe du monde bis : elle instaure officiellement une rivalité entre les deux hémisphères de la planète rugby, avec comme cerise sur le gâteau ces six finales à Londres, qui opposeront chaque fois un pays du Nord à une nation du Sud.
Et ce sont donc les six équipes représentant le Tournoi des Six Nations qui se déplacent en premier, lors des trois premiers week-ends de juillet, chez leurs opposants de l'autre hémisphère – les quatre membres de la Sanzaar (Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie et Argentine) renforcés par deux invités, le Japon et les Fidji. Puis elles les recevront lors des trois premiers week-ends de novembre avec, entre autres, un choc France-Afrique du Sud au Stade de France le 13 novembre.
Simple ? Jamais vraiment, dans le monde du rugby. Cet été les Fidjiens vont ainsi jouer leurs trois matches à domicile à… l'extérieur, au Pays de Galles, en Angleterre et en Écosse. De même, les Japonais recevront certes les Italiens et les Français à Tokyo, mais lors de la deuxième journée ils accueilleront l'Irlande en… Australie ! L'objectif de remplir les stades a primé sur le reste.
Antoine Dupont blessé
Deux hémisphères donc, deux groupes de six équipes face à face, et six matches chaque week-end, soit 36 duels nord-sud. Le tout pour obtenir un classement au sein de chaque hémisphère, où chaque équipe affrontera donc chacune des six équipes venues de l'autre côté du globe.
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Accepter Gérer mes choixEt ce sera alors ce fameux feu d'artifices final, à Twickenham entre les 27 et 29 novembre, pour les deux trophées : celui du meilleur hémisphère, en tenant compte des six finales, et celui du "champion des nations", à l'issue de la dernière finale entre les premiers de chaque hémisphère.
À 15 mois du Mondial 2027 en Australie, chaque équipe voudra évidemment marquer son terrain.
"On se donne le droit d'être ambitieux. On se donne le droit de rêver", a assuré Fabien Galthié, qui pour une fois disposera d'un groupe presque au complet pour ces trois matches aller de juillet, contre les All Blacks d'abord, samedi à Christchurch, puis chez les Wallabies australiens, le 11 juillet, et enfin à Tokyo, le 18. Et ce malgré le forfait de dernière minute d'Antoine Dupont, blessé. Pour lui, il s'agit d'une occasion de "challenger un maximum de potentiels du rugby français" dans un rythme de compétitions qui ne permet pas de faire jouer les finalistes.
Le XV de France aura une forte allure UBB, avec huit doubles champions d'Europe au coup d'envoi. Dont Damian Penaud, meilleur marqueur d'essais de l'histoire de la sélection, de retour de son purgatoire pendant le Tournoi.
À l'ombre de la Coupe du monde de football et du Tour de France, des exploits de Kylian Mbappé ou de Paul Seixas, le XV de France voudra se faire sa place au soleil de l'actualité sportive. Et les doubles vainqueurs du tournoi auront des atouts à abattre, même sans leur maestro toulousain.
Les All Blacks de retour ?
Dans un paysage rugbystique mondial où seuls les n°1 mondiaux et doubles champions du monde en titre sud-africains semblent imperturbables, ce Championnat des nations devrait donner beaucoup d'indications avant le Mondial australien.
Les All Blacks, désormais conduits par Dave Rennie, après le limogeage de Scott Robertson, veulent retrouver les sommets. Leur troisième et dernier titre mondial remonte désormais à 2015 et ils ont essuyé en septembre 2025, à domicile, la pire défaite de l'histoire du rugby néo-zélandais : 43-10 contre les Boks sud-africains.
Pour Fabien Galthié, ils sont aujourd'hui la deuxième meilleure équipe du monde, "à la recherche de la première place, la seule qui les intéresse". Ils souhaitent avec cette compétition "repasser devant les Sud-Africains" qui possèdent un titre mondial de plus, décroché en 2023.
Du côté de Dave Rennie, on affirme se méfier du XV de France et de "sa mêlée, son jeu au pied et sa capacité à garder le ballon vivant".
Mais les statistiques sont claires. Et une victoire serait un exploit pour des Bleus qui courent depuis 17 ans après un succès en terre néo-zélandaise contre les All Blacks. Lors de ce triomphe 27-22 à Dunedin en juin 2009, le quatrième seulement d'un XV de France en 34 visites, le talonneur était un certain William Servat, aujourd'hui entraîneur des avants bleus.
L'issue sera connue dans l'enceinte du nouveau stade, le "Te Kaha", "la force" en maori. Une force dont les deux équipes auront besoin.
Avec AFP
