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Mondial 2026 : pourquoi le Sénégal s’est effondré en quelques minutes face à la Belgique
L'un des plus grands espoirs africains de la Coupe du monde s'est effondré, mercredi, face à la Belgique. Alors qu’il dominait son sujet, le Sénégal a encaissé deux buts en trois minutes avant de s'incliner sur un penalty à la fin de la prolongation. Certains joueurs et observateurs reprochent au sélectionneur Pape Thiaw d'avoir effectué des changements qui ont fragilisé sa formation. Mais est-ce la seule raison ? 
Le Belge Youri Tielemans s'élance pour marquer le deuxième but de son équipe lors du match des seizièmes de finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026 opposant la Belgique au Sénégal, au Seattle Stadium, le 1er juillet 2026. © Alex Grimm, Getty images / AFP

Ils avaient toutes les cartes en main : une domination presque sans partage tout au long du match et deux buts d'avance à cinq minutes de la fin du temps réglementaire. Pourtant, l'équipe du Sénégal a perdu pied en seulement trois minutes face à la Belgique, mercredi 1er juillet, à Seattle.

La chute s'est jouée en trois actes : d'abord avec l'incontournable Romelu Lukaku (86e) puis par Youri Tielemans (89e), qui a profité d'une erreur grossière du gardien Mory Diaw. Puis, en toute fin de prolongation, le capitaine des Diables rouges a doublé la mise en transformant un penalty.

Pour le Sénégal, la désillusion est immense, lui qui a déjà vécu cette année la perte de la Coupe d'Afrique des nations sur tapis vert face au Maroc - une décision qu’il a contesté auprès du Tribunal arbitral du sport.

Alors pour tenter d'expliquer l'inexplicable, la chasse aux responsables a commencé chez les Lions de la Teranga. Dans le viseur : le sélectionneur Pape Thiaw, critiqué pour avoir effectué des changements alors que son équipe maîtrisait son sujet face aux coéquipiers de Kevin de Bruyne.

"Coachmardesque", a notamment ironisé le journal Le Soleil, estimant que "les choix de Pape Thiaw |...] ont profondément déséquilibré l'équipe et ont pesé lourd dans cette élimination".

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L'heure des règlements de compte

Sorti à la 66ème, le milieu de terrain Pape Gueye a même annoncé sa mise en retrait de la sélection, mécontent d'avoir cédé sa place à Lamine Camara, fautif sur le penalty victorieux de la Belgique.

"Je reviendrai pour vous dire quelques mots par rapport à l'élimination, mais j'annonce aujourd'hui que tant que c'est ce staff technique, je ferai une pause avec la sélection", a-t-il écrit dans une story Instagram, sur fond de rumeurs sur un traitement de faveur accordé à quelques joueurs de la sélection.

Pape Thiaw a assumé ses choix, assurant que certains protagonistes étaient "fatigués" et ne "pouvaient plus y aller". "On était obligés de faire des changements. Une fois qu’on perd, on ne peut pas dire que c’était payant parce que quand même, on a eu l’avantage. Maintenant, voilà, il faut accepter, c’est le football", a justifié le technicien sénégalais.

Krépin Diatta s’en est, lui pris au groupe après la rencontre. "À ce niveau, ce n’est plus une question de détails, mais d’état d’esprit", a déploré le joueur sénégalais. "Quand tu mènes par deux buts jusqu’à la 85e minute, tu dois être le patron dans ta zone de défense. Tu dois tout faire pour préserver le résultat. Nous avons failli. Arrivé à ce stade de la compétition, si mentalement tu n’es pas prêt, tu dois te poser des questions."

De son côté, le sélectionneur français de la Belgique a estimé que "ces équipes-là perdent leur structure tactique vers la fin du match". Des propos condescendants qui ne visaient pas les formations africaines, a précisé Rudi Garcia dans un second temps, mais les équipes qui mènent et veulent préserver le score.

Mais si pointer du doigt l'entraîneur après une défaite est un grand classique, Pape Thiaw peut-il vraiment être tenu responsable de ce scénario catastrophe ? Sur le terrain, difficile de reprocher quoique ce soit à son équipe, qui a su se montrer rigoureuse sur le plan tactique et impliquée dans les duels pendant 85 minutes.

Les Sénégalais peuvent, toutefois, regretter leur manque d'efficacité, ayant raté plusieurs occasions de planter la troisième banderille face à une faible équipe de Belgique. Un troisième but qui aurait dû les mettre à l'abri d'une remontada belge.

Quatrième équipe africaine éliminée en 16es de finale

Si personne n'aurait pu prévoir une telle fin de match, le Sénégal semble avoir ignoré les signaux d'alerte avant le crash. Dès les matches de préparation, les vice-champions d'Afrique ont affiché d'inquiétantes lacunes. Battus par les États-Unis, les Lions de la Teranga n'ont pu faire que match nul face à l'Arabie Saoudite.

Lors du Mondial 2026, le Sénégal a subi trois revers en autant de rencontres contre des équipes européennes, sauvant uniquement l'honneur contre la modeste équipe d'Irak. Pourtant, Pape Thiaw a choisi de maintenir ses cadres plutôt que de chercher à corriger le tir.

"En parallèle, plusieurs informations ont alimenté un climat de tension autour de l’équipe : critiques sur l’organisation de la délégation, interrogations sur la logistique, rumeurs concernant des primes et même des informations faisant état de difficultés administratives autour du staff technique. Sans préjuger de la véracité de chacun de ces éléments, leur accumulation a entretenu un climat peu propice à une campagne mondiale sereine", estime de son côté le site d’informations Senenews.

La sélection de Pape Thiaw a-t-elle également laissé trop de forces dans une phase de poules relevée ? La question d'un manque de fraîcheur physique se pose, même si c'est bien mentalement que les Sénégalais semblent avoir craqué face aux Diables rouges. Les supporters sénégalais peuvent aussi regretter l'absence de Benjamin Mendy, blessé, dans les cages. Sa doublure porte une lourde responsabilité dans la défaite après sa sortie hasardeuse sur le deuxième but égalisateur de la Belgique.

Arrivés aux États-Unis avec l'étiquette d'outsider ambitieux, les Lions de la Teranga laissent l'impression d'un incroyable gâchis et d'un certain amateurisme. Le Sénégal devient ainsi la quatrième équipe africaine à être éliminée sur une défaite serrée en 16es de finale, après l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et ⁠la RD Congo. La Belgique affrontera, elle, les États-Unis à ⁠Seattle, le 6 juillet.