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Au moins 59 morts dans des inondations depuis le début de la saison des pluies en Côte d'Ivoire
Cinquante-neuf personnes sont mortes dans des inondations en Côte d'Ivoire depuis le début de la saison des pluies mi-mai, particulièrement intense cette année, notamment sur Abidjan. Le bilan est aggravé par les constructions précaires dans des zones pauvres et inondables du pays.
Des maisons endommagées par des glissements de terrain et des inondations dans le quartier de Mossikro à Attecoubé, une banlieue d'Abidjan en Côte d'Ivoire, le 29 juin 2026. © Chris Boli, AFP

Chaque année en Côte d'Ivoire, la saison des pluies qui s'étend de mai à fin juillet environ cause des éboulements et des inondations qui font plusieurs dizaines de morts, en particulier dans les quartiers précaires. Elle a été particulièrement intense cette année, notamment sur la capitale économique Abidjan.

Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, mercredi 1er juillet, le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly a "déploré un bilan particulièrement élevé de 59 personnes décédées cette année, alors que nous ne sommes qu'au début de la saison des pluies". Selon le ministre, ces abondantes précipitations sont dues au "dérèglement climatique".

Lundi, la ministre de la Cohésion nationale, Myss Belmonde Dogo, avait avancé un bilan de plus d'une dizaine de morts, après une journée de pluies torrentielles sur Abidjan.

Ces précipitations suivies d'inondations dévastatrices sont récurrentes dans plusieurs villes du pays et notamment dans la capitale économique ivoirienne, dans le sud au climat tropical, où vivent plus de 6 millions des 30 millions d'habitants du pays.

En 2024, plus de vingt personnes avaient été tuées, une trentaine en 2023.

Des opérations de "déguerpissements" pour vider les zones à risques

À Abidjan, l'urbanisation est croissante et les constructions précaires dans des zones pauvres et inondables sont légion.

Le gouvernement y mène depuis plusieurs années des opérations d'expulsion et de démolition parfois brutales, appelées "déguerpissements", disant cibler des quartiers précaires en zones inondables et restaurer "l'ordre urbain".

"Le bilan le plus élevé revient à la commune d'Attécoubé (quartier de l'ouest d'Abidjan, ndlr) avec une vingtaine de morts, où les populations ont hélas, recolonisé des sites d'où elles avaient été déplacées", a précisé Amadou Coulibaly.

"Il y a des situations où des familles entières ont disparu, ce sont de véritables drames. Il faut que nous évitions d'en arriver à ces situations extrêmes", a-t-il dit, lançant un nouvel appel aux populations "pour leur demander de partir de ces sites étant identifiés comme à risque".

Amadou Coulibaly a indiqué que "60 000 personnes seront relogées dans 12 000 logements qui vont être construits", pour les populations ciblées par les démolitions.

Ces opérations de démolition sont vivement contestées. L'ONG Amnesty International avait dénoncé des "violations importantes des droits humains de dizaines de milliers de personnes".

Une saison intense au Ghana et au Nigeria

D'autres pays africains ont connu de fortes précipitations ces dernières semaines.

Au Ghana, douze personnes sont décédées selon un bilan rapporté mardi par les pompiers.

Le président John Dramani Mahama a ordonné le déblocage de fonds d'urgence et le déploiement de l'armée et de la police.

Les pluies ont également provoqué d'importantes inondations à Lagos, capitale économique du Nigeria, où aucun décès n'a été signalé à ce stade.

Avec AFP