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Armada américaine déployée au Moyen Orient, le spectre d'une attaque imminente de l'Iran
Alors que les discussions sur le programme iranien sont presque au point mort entre les États-Unis et l'Iran, l'armada américaine se déploie massivement au Moyen-Orient. Le bombardement de la République islamique pourrait être une simple question d'heures. France 24 fait le point sur une puissance de feu américaine inédite depuis la guerre en Irak.
Le porte-avions USS Abraham Lincoln (à droite) naviguant dans la mer d'Oman, le 6 février 2026. © US Navy via Reuters

L'Iran bombardée dès ce week-end par les États-Unis ? C'est la menace brandie par Washington si un accord sur le nucléaire n'est pas trouvé avec Téhéran dans les prochaines heures. Signe de l'intensification de la pression sur la République islamique, le déploiement d'une imposante armada américaine au Moyen-Orient. Une première depuis la guerre en Irak.

Navires de guerre, chasseurs, bombardiers et systèmes de défense aérienne ont été rassemblés ces dernières semaines. Des dizaines de milliers de soldats sont également présents dans des bases militaires à travers la région.

"Il y a de nombreuses raisons et arguments que l’on pourrait avancer en faveur d’une frappe contre l’Iran", a déclaré, mercredi 18 février, Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison-Blanche, en insistant néanmoins sur la diplomatie comme première option.

La présence d'une "telle puissance de feu (...) dans la région crée une dynamique en soi. C'est parfois un peu difficile de la freiner et de dire : 'C'est tout, on ne fait rien'", explique Susan Ziadeh, une analyste au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), à l'AFP.  

En juin 2025, Donald Trump avait déjà ordonné le bombardement de trois sites nucléaires iraniens lors de la guerre de douze jours déclenchée par Israël. Selon les médias américains, ce scénario n'attend que le feu vert du président américain, lui-même à l'origine du retrait en 2018 de l'accord nucléaire signé avec Téhéran.

France 24 fait le point sur la puissance de feu américaine.

  •  Forces navales 

Treize navires de guerre sont actuellement déployés au Moyen-Orient : le porte-avions Abraham Lincoln, arrivé fin janvier ; neuf destroyers et trois frégates légères, selon un responsable américain. D'autres se dirigent vers la région.

Le plus grand porte-avions au monde, l'USS Gerald Ford, navigue actuellement dans l'océan Atlantique, en provenance des Caraïbes et en direction du Golfe. Il est accompagné par trois destroyers.

Armada américaine déployée au Moyen Orient, le spectre d'une attaque imminente de l'Iran
Une image satellite montre l'USS Gerald R. Ford au large des côtes de l'île de Saint-Thomas, dans les Îles Vierges américaines, le 25 janvier 2026. Via Reuters - 2026 Planet LABS PBC

Il est rare que deux porte-avions américains - qui transportent des dizaines d'avions de combat et fonctionnent avec des milliers de marins à bord - soient dépêchés en même temps au Moyen-Orient.

  • Forces aériennes 

Les États-Unis ont également mobilisé une flotte aérienne d'envergure au Moyen-Orient, selon des comptes X spécialisés et le site de suivi de vol Flightradar24.

Elle comprend des avions de combat furtifs F-22 Raptor, des avions de combats F-15 et F-16 et des avions ravitailleurs KC-135 pour assister leurs opérations.

Flightradar24 montrait mercredi plusieurs KC-135 volant au Moyen-Orient ou à proximité, ainsi que des avions radar de surveillance aérienne E3 Sentry et des avions-cargos en activité dans la région.

  • Défenses aériennes et systèmes de protection : Patriot, batteries THAAD

Washington a également déployé dans la région des systèmes avancés de défense aérienne Patriot et THAAD, destinés à protéger les forces américaines et leurs bases contre les missiles de courte et moyenne portée. Parallèlement, plusieurs bombardiers stratégiques B‑2 à long rayon d’action ont été placés en état d’alerte renforcée.

Des conversations presque au point mort

Bien que moribondes, les négociations se poursuivent. Dès le 6 février, l'Iran et les États-Unis ont renoué le dialogue à Mascate, capitale d'Oman. Une deuxième session de tractations s'est tenue le 17 février près de Genève, en Suisse.

Les deux parties sont "encore très éloignées sur certaines questions", a confirmé, mercredi, Karoline Leavitt.

D'après CNN, le calendrier international pourrait peser dans la balance. Les Jeux olympiques d'hiver doivent s'achever dimanche en Italie. Le mois sacré du ramadan a commencé dans le monde musulman. Une attaque lancée pendant le jeûne pourrait crisper les alliés américains de la région notamment en raison de la crainte d'un embrasement généralisé.

Enfin, Donald Trump doit prononcer son discours sur l'État de l'union le 24 février. Un rendez-vous politique crucial, d'autant plus que les élections de mi-mandat approchent à grands pas.