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Corée du Sud : l'ex-président Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie pour sa loi martiale de 2024
L'ancien président de la Corée du Sud Yoon Suk-yeol a été condamné, jeudi, à la prison à vie pour avoir mené une insurrection en déclarant la loi martiale le 3 décembre 2024 pour cause de "forces hostiles à l'État" tandis que l'armée se déployait pour boucler le Parlement et le réduire au silence.
Les partisans de l’ancien président sud-coréen destitué, Yoon Suk-yeol, le 19 février 2026, devant le tribunal de district central de Séoul. © Jung Yeon-je, AFP

L'ex-président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été jugé coupable, jeudi 19 février, et condamné à la prison à vie dans le procès principal de la loi martiale qu'il avait déclarée en décembre 2024 dans un coup de force aussi soudain que bref.

"Nous condamnons Yoon à la prison à vie" pour avoir mené une insurrection, a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal central du district de Séoul.

L'ancien dirigeant conservateur a donc échappé à la peine capitale, qui avait été requise par le parquet.

Le soir du 3 décembre 2024, l'ancien dirigeant conservateur, invoquant la menace de "forces hostiles à l'État", déclarait la loi martiale par surprise à la télévision, tandis que l'armée se déployait pour boucler le Parlement et le réduire au silence.

La suspension du régime civil n'aura finalement duré que six heures. Dans la nuit noire, certains en escaladant les grilles d'enceinte, les députés étaient parvenus à se faufiler dans l'hémicycle en nombre suffisant pour contrecarrer les plans de Yoon Suk-yeol.

Sa tentative a ravivé le souvenir douloureux des dictatures au sein d'une société qui s'était habituée à la stabilité démocratique, a secoué les marchés, sidéré à l'étranger et provoqué une profonde crise politique domestique.

Le pays aura vu successivement la suspension de Yoon par l'Assemblée nationale, son arrestation – au deuxième essai des autorités –, sa destitution en avril, puis la victoire de son rival Lee Jae-myung à la présidentielle anticipée de juin.

"Préserver la liberté"

Les Sud-Coréens, qui se sont mobilisés massivement contre et pour Yoon Suk-yeol pendant des mois après cette nuit-là, ont été des millions à suivre le prononcé du verdict.

Des milliers de ses partisans se sont rassemblés devant le tribunal, appelant à abandonner les poursuites. Des exclamations ont retenti quand un bus de prison bleu, supposé transporter leur leader, est arrivé sur place.

L'ex-président de 65 ans a toujours nié tout méfait, affirmant avoir agi pour "préserver la liberté" et restaurer l'ordre constitutionnel contre ce qu'il a qualifié de "dictature législative" de l'opposition, qui domine le Parlement et bloquait ses projets.

Yoon, qui comparaissait détenu, avait déjà été destitué en avril pour ces faits. Le tribunal, qui a également reconnu coupable l'ex-ministre de la Défense Kim Yong-hyun, doit prononcer dans la foulée la peine contre les co-accusés de Yoon Suk-yeol.

Ce dernier a par ailleurs déjà été condamné à cinq ans derrière les barreaux pour des faits moins graves liés à son coup de force. D'anciens collaborateurs, en poste au moment de sa décision choc, se sont aussi vu infliger des peines de prison, ou attendent leur jugement.

Parmi eux, l'ex-Premier ministre Han Duck-soo, qui a écopé de 23 ans d'incarcération (contre 15 requis) fin janvier, et le ministre de l'Intérieur de l'époque, Lee Sang-min, condamné à sept ans de prison la semaine dernière, pour leur rôle dans ce scandale.

Avec AFP