
L'ex-président américain Bill Clinton, et son épouse, l'ancienne cheffe de la diplomatie américaine Hillary Clinton, à Washington le 20 janvier 2025. © Shawn Thew, AFP (pool)
Une commission du Congrès américain a voté mercredi 21 janvier pour lancer une procédure contre Bill et Hillary Clinton, accusés d'entrave au Congrès pour avoir refusé de se présenter à une audition dans le cadre d'une enquête parlementaire sur l'affaire Epstein.
"Aucun témoin, qu'il soit ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquence", a déclaré l'élu républicain James Comer, chef de cette puissante commission de la Chambre. "Les Clinton doivent rendre des comptes pour leurs actes", a-t-il ajouté en amont du vote qui a recueilli des voix républicaines comme démocrates.
Un scrutin doit désormais avoir lieu à la Chambre des représentants dans son ensemble pour approuver ou non des recommandations de poursuites judiciaires contre le couple Clinton.
Une procédure pour formellement les inculper devra ensuite être initiée par le ministère de la Justice, avec à sa tête Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump. Bill et Hillary Clinton encourraient alors jusqu'à 12 mois de prison.
Le couple Clinton accusé de "défiance"
L'ex-président démocrate (1993-2001) et son épouse, l'ancienne cheffe de la diplomatie des États-Unis et candidate à la présidentielle de 2016, avaient été convoqués la semaine dernière pour des auditions séparées sur leurs liens avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Mais dans une lettre au ton acerbe, le couple avait annoncé son refus de se présenter aux auditions, accusant James Comer de s'attaquer à des opposants politiques plutôt que de vouloir chercher la vérité. "Nous avons essayé de vous donner le peu d'informations que nous avons. Nous l'avons fait parce que les crimes de M. Epstein étaient horribles", affirment-ils.

Pour James Comer en revanche, le couple n'a pas fait preuve "de coopération mais de défiance, marquée par des retards répétés, des excuses, et des obstacles".
Ghislaine Maxwell sera entendue le 9 février
Lors de la réunion de la commission, le responsable républicain a en parallèle annoncé que Ghislaine Maxwell, complice de Jeffrey Epstein, serait entendue le 9 février par la commission. L'ancienne mondaine, qui purge actuellement une peine de 20 ans de prison pour exploitation sexuelle, usera cependant de son droit à garder le silence, a ajouté James Comer, citant les avocats de Ghislaine Maxwell.
Pendant sa campagne de 2024, Donald Trump, proche de Jeffrey Epstein pendant un temps, s'était dit d'accord pour rendre le dossier public. Mais le républicain rechigne depuis son retour au pouvoir à le publier et se voit accusé jusque chez ses partisans d'un manque de transparence.

Fin décembre, après des mois d'atermoiements, son gouvernement a commencé à publier des milliers de photos, vidéos et textes sur le riche financier. Mais l'ensemble du dossier n'a pas encore été rendu public comme l'exigeait pourtant une loi promulguée en novembre, et de nombreux fichiers publiés ont été largement caviardés. "Il est honteux, illégal, et inconstitutionnel que le ministère de la Justice n'ait publié que 1 % de tous les documents", a dénoncé mercredi l'élu démocrate Robert Garcia, lors de la réunion de la commission de la Chambre.
Avec AFP
