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Après l'échec en finale de la CAN 2025, Walid Regragui partira ou partira pas ?
Sous le feu des projecteurs depuis le début de la CAN, Walid Regragui n'a pas réussi à hisser son équipe sur la première marche du podium. Après la cruelle défaite en finale de la compétition, le sélectionneur marocain serait, pour certains, sur la sellette. Va-t-il continuer l'aventure jusqu'au Mondial 2026 ?
Le sélectionneur marocain Walid Regragui lors de la finale de la Coupe d'Afrique des nations entre le Sénégal et le Maroc, le 18 janvier 2026 à Rabat. © Siphiwe Sibeko, Reuters

Pas une seconde pour digérer la défaite. Quelques minutes après le coup de sifflet final et la victoire du Sénégal lors de la CAN 2025 dimanche 18 janvier, Walid Regragui a dû répondre aux critiques. En salle de presse, sous le coup de la déception, il a réagi vivement face à un journaliste qui réclamait sa démission.

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"Si je vais démissionner ce soir ou demain matin ? Suivant ! Ce n'est pas une question, ça. Tu es un journaliste marocain de quel média, toi ? De quel journal ? (...) Une démission ? Je suis très fier de cette équipe. On a lutté jusqu'à la dernière minute. Quand il y a un échec, il faut l'accepter et l'assumer. C'est la faute du coach et voilà", a déclaré le sélectionneur marocain.

En finale de la Coupe d'Afrique organisée à la maison, Walid Regragui n'avait pas le droit à l'erreur. Le fiasco de ce dernier match, qui aurait pu tourner à l'avantage des Lions de l'Atlas sans un penalty raté dans les ultimes instants du temps réglementaire, a laissé un goût amer à toute une nation. Même si l'attaquant Brahim Diaz est devenu le coupable tout désigné avec sa panenka manquée, son entraîneur a lui aussi accusé le coup. "C’est malheureux pour le peuple marocain, on n’est jamais passés aussi proche d’une Coupe d’Afrique qu’aujourd’hui. On a loupé l’opportunité d’une vie", a-t-il regretté après la défaite.

"Ce contrat prendra fin"

Depuis, les rumeurs vont bon train sur sa possible démission. Selon les informations de Sport7, Walid Regragui aurait officiellement demandé a être démis de ses fonctions auprès de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). D'après ce média marocain, des discussions sont en cours entre le sélectionneur et les dirigeants marocains concernant son avenir. Sport7 précise que le capitaine de l'équipe, Achraf Hakimi, et le reste de ses coéquipiers s'accrochent à l'idée que l'entraîneur national reste à la tête du staff technique jusqu'au Mondial 2026 coorganisé cet été par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Walid Regragui avait pourtant déjà évoqué cette possibilité. Comme le rappelle So Foot, avant le début de la CAN, il avait lui-même mis une condition à son avenir dans un entretien à l’émission espagnole El Chiringuito : "J’ai un contrat jusqu’à la Coupe du monde 2026, mais si on ne gagne pas la CAN 2025, ce contrat prendra fin et je partirai. […] Si tu ne gagnes pas, tu sais ce que tu dois faire. C’est logique."

Pendant le tournoi, le sélectionneur a avancé avec cet épée de Damoclès. Héros du royaume après l'épopée du Mondial 2022 au Qatar, il a cristallisé toutes les critiques lors de la Coupe d'Afrique. Pêle-mêle, on lui a reproché un style de jeu trop prudent, une animation offensive déficiente, un manque de fond de jeu collectif ou encore une ossature qui reposerait trop sur les cadres de 2022. Des critiques illustrées par la courte victoire en huitièmes de finale face à la Tanzanie.

Au cours de la finale, le non-remplacement de Neil El Aynaoui sur le terrain après son impressionnante blessure au visage a également suscité des interrogations. Le choix de Brahim Diaz pour tirer le penalty alors qu'il n'était pas dans un grand match est apparu aussi très discutable et s'est avéré dramatique.

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Deux échecs en finale

Ce n'est pourtant pas la première tempête essuyée par Walid Regragui. Né à Corbeil-Essonnes, près de Paris, ce Franco-Marocain âgé de 50 ans goûte au monde professionnel assez tardivement, découvrant le National à l'âge de 23 ans au Racing Club de France. Après avoir enchaîné les expériences en France (Ajaccio, Dijon, Grenoble), il est appelé au sein des Lions de l'Atlas en 2001. Avec le Maroc, il atteint la finale de la Coupe d'Afrique en 2004 contre la Tunisie, mais le latéral droit ne parvient pas à empêcher la défaite des siens contre le pays hôte (1-2).

Après l'échec en finale de la CAN 2025, Walid Regragui partira ou partira pas ?
Le joueur ivoirien Kanga Akalé (à gauche) dépasse le Marocain Walid Regragui lors du match de la Coupe d'Afrique des Nations entre le Maroc et la Côte d'Ivoire au Caire, en Égypte, le 21 janvier 2006. Nasser Nasser, AP

Walid Regragui met un terme à sa carrière de joueur en 2011. L'année suivante, il rejoint le banc de la sélection marocaine avec un poste d'adjoint (2012-2013). Il remporte ensuite des trophées dans chacun des clubs où il passe : une Coupe du Trône (2015), un championnat marocain (2016) avec le FUS Rabat, un championnat du Qatar avec Al-Duhail (2020). En 2022, il signe un brillant doublé avec le Wydad Casablanca : Ligue des champions africaine et championnat du Maroc. Au mois d'août de la même année, il devient le sélectionneur du Maroc et dirige l'équipe lors du Mondial organisé au Qatar. À la surprise générale, il parvient à mener les Lions de l'Atlas jusqu'en demi-finale de la compétition.

Après l'échec en finale de la CAN 2025, Walid Regragui partira ou partira pas ?
Les joueurs marocains portent leur sélectionneur Walid Regragui en triomphe à la fin du match du groupe F de la Coupe du monde de football qui les opposait au Canada au stade Al Thumama de Doha, au Qatar, le 1er décembre 2022. Manu Fernandez, AP

Dès lors, les espoirs placés en lui sont immenses. Mais lors de la CAN 2024, les Marocains sont éliminés en huitièmes de finale par l'Afrique du Sud. À l'époque, sa démission est déjà évoquée. Malgré ces hauts et ces bas, le Maroc peut aujourd'hui se vanter d'être au huitième rang au classement Fifa, ce qui confirme sa progression. Le sélectionneur peut aussi s'enorgueillir d'un bilan de 35 victoires, neuf nuls et cinq défaites.

Comme le souligne Industries.ma, "à six mois seulement de la Coupe du monde 2026, un changement de sélectionneur apparaîtrait comme un pari risqué, potentiellement déstabilisateur pour un groupe qui a construit ses automatismes, son identité et sa confiance autour de Regragui".

"Pour Walid Regragui comme pour tout le football marocain, cette finale doit être une leçon, non un point de rupture. Le potentiel est là, les infrastructures aussi, la ferveur populaire est intacte", poursuit ce site marocain, avant de conclure : "Il reste à franchir un dernier palier : celui de la lucidité absolue dans les moments décisifs."