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Le Pakistan reprend ses frappes sur Kaboul, le gouvernement afghan l'accuse d'avoir tué des civils
Des journalistes de l'AFP ont vu des morts et des blessés au milieu des décombres dans un bâtiment d'un centre de traitement pour toxicomanes à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, touchée lundi par une frappe pakistanaise, selon le gouvernement afghan.
De la fumée et des flammes s'élèvent au-dessus d'une zone touchée par des frappes aériennes, à Kaboul, le 16 mars 2026. © AFP - STRINGER

L'Afghanistan a accusé le Pakistan d'avoir frappé Kaboul, lundi 16 mars, touchant selon lui "un centre de traitement pour toxicomanes" et tuant de nombreux civils, Islamabad affirmant de son côté avoir visé des cibles "militaires et terroristes".

Des journalistes de l'AFP à Kaboul ont entendu plusieurs explosions très fortes au centre de la capitale afghane, depuis les quartiers de Shahr e-Naw et de Wazir Akhbar Khan, juste après le passage d'avions militaires, vers 21 h (16 h 30 GMT).

Sur place, ils ont vu des morts et des blessés. Des équipes médicales tentaient sans relâche de porter secours aux nombreux blessés, d'autres secouristes transportant des corps sans vie vers l'extérieur alors qu'un incendie était toujours en cours à proximité, a constaté l'équipe de l'AFP.

"Le régime pakistanais a une nouvelle fois violé l'espace aérien afghan, visant un centre de traitement contre les addictions à Kaboul, tuant et blessant de nombreux civils, pour la plupart des toxicomanes suivant un traitement", a déclaré sur X le porte-parole du gouvernement Zabihullah Mujahid.

"Nous condamnons ce crime et le qualifions d'acte inhumain violant tous les principes", a-t-il ajouté.

Il n'a pas donné de bilan précis. Une équipe de l'AFP arrivée au centre en question a vu un très important dispositif policier autour du centre et des dizaines d'ambulances en sortir. 

Les explosions, à quelques jours de la fête de fin du ramadan, ont causé des scènes de panique dans la capitale afghane. 

"Guerre ouverte"

Les autorités pakistanaises ont de leur côté affirmé "avoir visé précisément des installations militaires et des infrastructures de soutien aux terroristes, dont un dépôt de munitions et d'équipement technique" à Kaboul et dans la province orientale de Nangarhar, "qui étaient utilisés contre des civils pakistanais".

"Le Pakistan frappe ses cibles précisément et s'assure qu'il n'y a pas de dommage collatéral", a ajouté le ministère de l'Information à Islamabad.

Les deux voisins sont en conflit depuis des mois, Islamabad accusant l'Afghanistan d'accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières sur le sol pakistanais, ce que Kaboul dément.

Après une escalade en octobre qui avait fait des dizaines de morts, les affrontements s'étaient calmés sans jamais s'arrêter. Mais ils ont repris avec intensité le 26 février après des frappes pakistanaises, Islamabad parlant de "guerre ouverte" le 27 février et frappant Kaboul dans la foulée.

Avec AFP