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Au Mali, les jihadistes du JNIM appellent à un large "front commun" contre la junte
Les jihadistes du JNIM ont appelé jeudi à un large "front commun" pour "mettre fin à la junte" au Mali et à "une transition pacifique et inclusive". Le même jour, ils ont commencé comme annoncé à imposer un blocus routier à Bamako.
À Bamako, le 26 avril 2026. © AFP

Les jihadistes du JNIM, alliés à Al-Qaïda, ont appelé jeudi 30 avril à un large "front commun" pour "mettre fin à la junte" au Mali et à "une transition pacifique et inclusive" dans ce pays sahélien dont ils ont commencé le même jour à soumettre la capitale Bamako à un blocus routier.

La déclaration du JNIM, en français sur sa plate-forme Az Zallaqa, est publiée cinq jours après les attaques coordonnées et sans précédent que ce groupe jihadiste a menées avec des rebelles du Front de libération de l'Azawad (FLA), une rébellion à dominante touareg, contre des positions stratégiques des militaires, au pouvoir depuis 2020, dans plusieurs villes, dont la capitale et sa voisine et fief de la junte, Kati, ainsi que Kidal, Gao, toutes deux dans le nord, et Sévaré, dans le centre. 

"Nous appelons tous les patriotes sincères, sans distinction aucune, à se lever et à unir nos forces dans un front commun" incluant "les partis politiques, les forces armées nationales, les autorités religieuses, les chefs traditionnels et toutes les composantes de la société malienne", dit le groupe jihadiste. "Il est impératif de mettre fin" à la junte, pour "une transition pacifique et inclusive" pour un "nouveau Mali" dont "l'une des priorités essentielles (sera) l'établissement de la charia" (loi islamique), ajoute t-il.

Blocus routier à Bamako

La déclaration est également publiée le même jour où le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans v, après l'avoir annoncé mardi. Le trafic aérien vers les pays voisins reste, quant à lui, maintenu. Ce blocus est de mise dans la capitale où, dans la matinée, un hommage national a été rendu au ministre Sadio Camara, en présence du chef de la junte malienne Assimi Goïta et devant des milliers de personnes, avant son inhumation à Kati dans l'après-midi.

Sa mort est un coup dur pour la junte, plus que jamais affaiblie, qui se retrouve dans une situation très difficile, tandis que la ville stratégique de Kidal (nord) est désormais sous contrôle des groupes armés qui semblent continuer de progresser dans le nord.

Cette mort, les attaques d'ampleur et la perte de Kidal jettent également le doute sur les capacités de la junte à faire face aux menaces des groupes armés et mettent à mal sa rhétorique, qui affirmait jusqu'ici que sa stratégie de rupture, ses nouveaux partenariats avec l'étranger et son effort militaire accru avaient permis d'inverser la tendance face aux combattants islamistes.

Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique et est en proie à l'incertitude et à la fébrilité après les attaques coordonnées et simultanées de ces groupes armés à travers son territoire, qui ont fait au moins 23 morts civils et militaires, selon une source hospitalière. Mardi, Assimi Goïta a affirmé que la situation était désormais "maîtrisée", tout en reconnaissant un moment d'une "extrême gravité".  

"La situation est loin d'être sous contrôle", a rétorqué mercredi le porte-parole du FLA, Mohamed Elmaouloud Ramadane, dans un entretien exclusif avec l'AFP, affirmant que le régime militaire "va tomber, tôt ou tard".

Moscou a de son côté affirmé jeudi que ses forces se maintiendraient au Mali, rejetant ainsi l'appel des rebelles à un retrait russe du pays.

Avec AFP