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En Colombie, la guérilla de l'EMC plaide "une erreur" après l'attentat qui a tué 21 civils
Après l'attentat à la bombe qui a fait 21 morts et 56 blessés parmi les civils, samedi, dans le sud-ouest de la Colombie, la guérilla de l'EMC a affirmé mercredi "assumer la responsabilité politique de cette erreur tactique, qui n'a aucune justification".
Un barrage routier de la guérilla Farc-EMC à Corinto, en Colombie le 12 avril 2026. © Edwin Rodriguez, AP

La guérilla colombienne de l'EMC a reconnu mercredi 29 avril sa responsabilité dans l'attentat à la bombe qui a tué samedi 21 civils mais plaide une "erreur", tandis que les président de gauche colombien et de droite équatorien s'accusent de fournir du soutien aux guérillas.

"C'est avec une profonde douleur que nous devons assumer la responsabilité politique de cette erreur tactique, qui n'a aucune justification", indique un communiqué mardi soir de L'État-major central (EMC), principale guérilla dissidente des ex-Forces armées révolutionnaires de Colombie qui a refusé l'accord de paix historique de 2016.

Une bombe de forte intensité a explosé sur la route Panaméricaine reliant les villes de Cali et de Popayan, dans le département du Cauca (sud-ouest), tuant 21 personnes et faisant 56 blessés parmi des civils installés dans leurs véhicules. C'est le bilan le plus mortel contre des civils depuis plus de 20 ans, à quelques semaines du 1er tour de l'élection présidentielle du 31 mai.

L'armée soupçonne les rebelles d'avoir mis en place un barrage routier pour attirer les forces de l'ordre et leur tendre une embuscade, a indiqué une source militaire à l'AFP.

Arrestation du "principal responsable" de l'attentat

Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, a affirmé que l'EMC entendait agir en représailles à la pression militaire exercée dans son bastion du Cauca, couvert de vastes superficies de champ de coca, après l'échec des négociations de paix entre le président Petro et le chef de cette dissidence dirigée par Ivan Mordisco, guérillero le plus recherché du pays.

Mardi, la police annoncé a annoncé avoir arrêté le "principal chef" d'une structure locale affiliée à l'EMC, et désigné José Vitonco, alias Mi Pez, "principal responsable" de l'attentat.

Le bureau du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme en Colombie a appelé mercredi le gouvernement et les groupes armés à respectivement "prévenir" et "cesser toute attaque" contre les populations civiles.

Le président Gustavo Petro a affirmé que l'attentat visait à "saboter les élections" alors que la gauche, arrivée pour la première fois à la tête du pays en 2022, entend conserver le pouvoir. Ivan Cepeda, héritier politique de Petro, fait la course en tête dans les sondages, et estime que les attaques des groupes armés profitent à "l'extrême droite". Les candidats de droite tiennent eux le gouvernement responsable de la violence, mettant en cause sa négligence à l'égard des groupes armés.

Mercredi, Gustavo Petro a accusé le gouvernement de droite en Équateur d'ingérence, tenant sur X le président Daniel Noboa pour "responsable de la violence en Colombie". Il a demandé une enquête pour savoir si les explosifs utilisés dans l'attentat venaient d'Équateur et a publié des photos de Daniel Noboa en compagnie de dirigeants de la droite colombienne.

Daniel Noboa a pour sa part accusé mercredi son homologue colombien d'avoir encouragé une "incursion" de guérilleros à la frontière entre les deux pays, engagés dans une surenchère de menaces d'augmentation de taxes douanières. "Plusieurs sources nous ont signalé une incursion de guérilleros colombiens à la frontière nord, orchestrée par le gouvernement de Petro. Nous protégerons notre frontière et notre population", a écrit Daniel Noboa sur X.

Avec AFP