
Des soldats défilent lors d'une répétition du défilé militaire de la Journée de la Victoire sur la place Dvortsovaya à Saint-Pétersbourg, en Russie, le mardi 28 avril 2026. © Dmitri Lovetsky, AP
Pas de faste militaire sur la place Rouge cette année. La Russie a indiqué, mercredi 29 avril, qu'elle ne déploierait pas de matériel militaire pour le traditionnel défilé du 9-Mai à Moscou en raison, selon le Kremlin, de la "menace terroriste" posée par l'Ukraine.
L'Ukraine, qui tente de repousser l'offensive contre son territoire déclenchée par la Russie en février 2022, avait cherché en 2025 à perturber le défilé du 9-Mai avec des attaques de drones visant Moscou dans les jours précédents.
Le 9-Mai, qui marque en Russie la capitulation de l'Allemagne nazie à la fin de la Seconde guerre mondiale en 1945, est commémoré chaque année par de grandes démonstrations de force à travers le pays.
Cette année, plusieurs écoles militaires, les corps de cadets "ainsi que la colonne de matériel militaire ne participeront pas au défilé militaire (...) en raison de la situation opérationnelle actuelle", a annoncé le ministère de la Défense mardi soir sur Telegram.
Le défilé devrait inclure des représentants de toutes les branches des forces armées et des vidéos montrant des militaires "effectuer des tâches dans la zone de l'opération spéciale militaire", référence à la guerre en Ukraine, seront diffusées, précise-t-il.
"Le régime de Kiev, qui perd du terrain sur le champ de bataille chaque jour, a désormais recours à des activités terroristes", a affirmé mercredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son briefing quotidien. "Par conséquent, sur fond de cette menace terroriste, toutes les mesures sont prises pour minimiser le danger", a-t-il dit.
La menace de Kiev avec ses drones et ses missiles
Moscou, dont les troupes n'ont fait que peu de progrès sur la ligne de front depuis fin 2022 et payent un coût humain élevé, qualifie souvent de "terroristes" les frappes ukrainiennes sur son territoire, que Kiev affirme être une réponse légitime à l'offensive russe.
Un blogueur militaire pro-Kremlin, Alexandre Sladkov, a jugé la décision "logique, étant donné les circonstances". Le défilé "aurait très bien pu ne pas avoir lieu du tout en raison de la menace terroriste", a estimé un autre correspondant de guerre russe, Alexandre Kots.
Entrée dans sa cinquième année, l'offensive russe en Ukraine mobilise d'importantes ressources militaires. Kiev y répond en ciblant toujours plus profondément le territoire russe avec ses drones et ses missiles.
L'an dernier, dans les jours précédant le défilé, l'Ukraine avait multiplié les frappes de drones en Russie, visant notamment Moscou et provoquant le retard ou l'annulation de centaines de vols.
La Russie assure vouloir "dénazifier" l'Ukraine
Une vingtaine de dirigeants étrangers, dont le président chinois Xi Jinping, avaient assisté en 2025 dans la capitale russe aux commémorations des 80 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie, qui avaient donné lieu à un défilé particulièrement important.
Quelque 11 000 soldats, des chars T-90, des missiles Iskander et des drones – une première – avaient participé au défilé. L'imposant missile balistique intercontinental Yars avait aussi été exhibé.
La Seconde guerre mondiale, qui a fait plus de 20 millions de morts en URSS et réclamé des sacrifices inouïs à la population, a causé un traumatisme qui nourrit le patriotisme exploité par le président russe Vladimir Poutine.
Vladimir Poutine invoque régulièrement la mémoire de la victoire sur l'Allemagne nazie pour défendre l'offensive contre l'Ukraine, que la Russie assure vouloir "dénazifier".
Les efforts diplomatiques pour mettre fin à ce conflit, le plus meurtrier en Europe depuis la Seconde guerre mondiale, sont au point mort.
Avec AFP
Avec AFP
