
Dépouillement des bulletins de vote du 1er tour des municipales à Quimper, le 15 mars 2026 © Fred TANNEAU / AFP
Pas d'alliance au niveau national entre le Parti socialiste et La France insoumise, mais de nombreuses alliances locales. La gauche a décidé, lundi 16 mars, de faire front commun aux élections municipales dans plusieurs grandes villes, le PS concluant des accords avec La France insoumise à Toulouse, Nantes ou Avignon en vue du second tour dimanche. À l'exception toutefois de Paris et Marseille, où ses candidats s'y sont refusés.
Le dépôt des listes des candidats pour le second tour étant attendue officiellement mardi à 18 h au plus tard, les tractations ont bien avancé lundi, suscitant de sévères critiques.
Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand... Dans toutes ces communes, la progression des insoumis a conduit les représentants socialistes à accepter divers accords avec le parti mélenchoniste, actant parfois des "fusions techniques", c'est-à-dire une liste commune mais sans soutien programmatique ni engagement à siéger par la suite dans la majorité municipale.
"Je comprends parfaitement les choix" de ces candidats, a affirmé sur France 2 Olivier Faure, le premier secrétaire du PS refusant de mettre sur le même plan les figures insoumises locales et leur leader Jean-Luc Mélenchon.
L'accord n'aura pas lieu, en revanche, dans les deux premières villes de France. Le maire sortant de Marseille, Benoît Payan, à la tête d'une union de la gauche hors LFI, a déjà déposé sa liste pour le second tour en préfecture, refusant toute "tambouille".
Il a ainsi fermé définitivement la porte à la moindre alliance avec le candidat mélenchoniste Sébastien Delogu, qui a dénoncé une "position irresponsable" alors que Franck Allisio (Rassemblement national) a emporté 35 % des suffrages. Une quadrangulaire se dessine, car Martine Vassal, soutenue par la droite et le centre, a annoncé son maintien.
Des alliances rejetées par François Hollande et Raphaël Glucksmann
À Paris, après une campagne extrêmement tendue entre socialistes et insoumis, c'est sans surprise que le candidat de l'alliance de gauche hors-LFI, Emmanuel Grégoire, a écarté toute alliance avec le parti mélenchoniste. Faute d'accord, Sophia Chikirou (LFI) a donc annoncé son maintien, comme elle l'avait promis.
En face, Rachida Dati, arrivée avec douze points de retard au premier tour, a rallié le candidat Horizons Pierre-Yves Bournazel à sa cause, même si ce dernier ne sera pas personnellement sur sa liste.
L'alliance avec LFI, même locale, est rejetée par une partie des socialistes comme l'ancien président François Hollande, mais aussi par le probable candidat à la présidentielle Raphaël Glucksmann (Place publique), au risque d'abandonner des villes à la droite.
À Toulouse, de fait, l'alliance PS-Les Écologistes a accepté de se rallier derrière l'insoumis François Piquemal dans une liste "commune", en bonne position pour tenter de battre le maire divers droite sortant, Jean-Luc Moudenc, dans la quatrième ville de France. Mouvement similaire à Limoges, où LFI est arrivée en tête de la gauche.
À Avignon, c'est derrière le PS que LFI s'est rangée, comme à Clermont-Ferrand, Brest et surtout Nantes, où la numéro 2 du PS, Johanna Rolland, s'est résolue à un accord de fusion pour contenir la remontée du candidat de la droite et du centre.
"La gauche la plus hypocrite de la terre"
Autant d'accords conclus pour "sauver leurs mandats", a fustigé sur la plateforme X Marine Le Pen, ciblant "la gauche la plus hypocrite de la terre".
"La France a plus que jamais besoin que les démocrates se tiennent debout, pas à genoux", a regretté sur X le patron de Renaissance Gabriel Attal, reprochant au PS d'avoir de fait conclu "un accord national". Les socialistes "se vautre[nt] dans la honte et le déshonneur", a aussi critiqué le patron du parti Les Républicains, Bruno Retailleau.
Dans le sillage de leur patronne Marine Tondelier, très ouverte aux accords avec LFI pour battre la droite ou l'extrême droite, les écologistes ont aussi conclu avec les insoumis à Lyon derrière le sortant Grégory Doucet afin de contrer l'ancien patron de l'OL, Jean-Michel Aulas, lequel a dénoncé un accord "honteux".
Idem à Strasbourg, mais cette fois-ci sans le PS de la revenante Catherine Trautmann. À Lille en revanche, où ils jouaient un rôle d'arbitre, Les Écologistes ont choisi de s'allier au PS et non à LFI, les deux partis étant arrivés au coude-à-coude au premier tour.
La droite et le centre sont également appelés à affiner leur position, notamment vis-à-vis de l'extrême droite. À Paris, leur attitude face à Sarah Knafo (Reconquête), en mesure de se maintenir, sera scrutée, comme à Nîmes, où le RN est arrivé en tête.
Le bloc central est aussi très mal embarqué à Nice : Éric Ciotti, dont l'UDR est alliée au RN, est désormais en position extrêmement favorable devant Christian Estrosi (Horizons), qui n'est pas parvenu à obtenir le retrait la liste de gauche arrivée troisième.
De son côté, le Rassemblement national, qui cherche à amplifier sa dynamique en vue de 2027, revendique 24 communes au premier tour des municipales et être en tête dans 60 autres. Il cible notamment Toulon, où sa députée Laure Lavalette est largement en tête malgré un manque de réserves pour le second tour.
Avec AFP
