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Ouganda : "Je ne suis pas un criminel", clame l'opposant Bobi Wine en fuite depuis les élections
Figure emblématique de l'opposition à la dictature de Yoweri Museveni, l'opposant Bobi Wine, en fuite depuis les élections de la semaine dernière en Ouganda, s'est défendu mercredi auprès de l'AFP des accusations portées contre lui par le régime.
Le leader de l'opposition ougandaise et candidat à la présidence de la Plateforme pour l'unité nationale (NUP), Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine (au centre), et son épouse Barbara Kyagulanyi (à droite) arrivent pour voter à Kampala le 15 janvier 2026, lors des élections générales ougandaises de 2026. © Rian Cope, AFP

"Je ne suis pas un criminel", s'est défendu mercredi 21 novembre l'opposant Bobi Wine, en fuite depuis les élections de la semaine dernière en Ouganda, après que le président réélu Yoweri Museveni et son fils, le chef de l'armée Muhoozi Kainerugaba ont qualifié les membres de l'opposition de "terroristes".

L'ancien chanteur de raggamuffin Bobi Wine (de son vrai nom Robert Kyagulanyi), 43 ans, qui a connu détention et torture lors des élections de 2021, a pris la fuite après un raid des forces de sécurité sur son domicile jeudi, jour des élections présidentielle et législatives dont il a dénoncé des résultats "truqués".

"Je suis un candidat à la présidence et ce n'est pas un crime de concourir contre son père", a indiqué Bobbi Wine à l'AFP par téléphone, se référant à des posts sur X de Muhoozi Kainerugaba, dans lesquels celui-ci indiquait vouloir sa mort.

Répondre à "l'oppression"

"Nous avons tué 22 terroristes de la NUP (la Plateforme d'unité nationale, le parti de l'opposant Bobi Wine, NDLR). Je prie pour que Kabobi (le surnom qu'il lui a donné) soit le 23ème", avait écrit lundi soir le fils du chef de l'État dans une suite de messages qu'il a depuis effacés.

"Il est criminel de la part de l'armée qu'elle prenne à sa charge des élections, (...) qu'elle tue des gens et menace les vies de nos dirigeants politiques", a réagi Bobi Wine. Ça c'est criminel. Lui agit comme un criminel, c'est un criminel, mais pas nous."

L'opposant a indiqué à l'AFP se cacher depuis lors "dans les bas-fonds" du pays, où il est protégé "par des gens ordinaires". "La police passe devant moi chaque jour", a-t-il ironisé.

Interrogé sur son avenir, et sur celui de son parti, Bobi Wine a reconnu ne pas avoir de plan établi.

"Dans une dictature, vous ne mettez pas en place une stratégie, mais vous répondez à l'oppression", a-t-il commenté.

Le résultat du scrutin a été critiqué par des observateurs et des ONG, qui ont notamment pointé le blocage d'internet pendant plusieurs jours et la répression de l'opposition.

Ex-guérillero âgé de 81 ans, Yoweri Museveni, qui contrôle l'appareil électoral et sécuritaire, a remporté un septième mandat consécutif avec 71,65 % des suffrages, contre 24,72 % pour Bobi Wine.

Avec AFP