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La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez invitée par la Maison Blanche
Delcy Rodriguez pourrait bientôt devenir la première dirigeante vénézuélienne à se rendre aux États-Unis depuis plus d'un quart de siècle. La Maison Blanche a en effet indiqué mercredi avoir invité la présidente par intérim qui, sous pression américaine depuis la capture de Nicolas Maduro, multiplie les concessions.
Le président américain Donald Trump au Kennedy Center à Washington, le 6 janvier 2026, et l'actuelle présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, à Caracas, le 18 août 2022. © Mandel Ngan, Yuri Cortez, AFP

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente de Nicolas Maduro capturé le 3 janvier par les États-Unis, rendra visite à Donald Trump, a confié mercredi 21 janvier un représentant de la Maison Blanche à la presse, sans fixer de date.

S'exprimant peu après devant des élus locaux, Delcy Rodriguez, qui est toujours sous le coup des sanctions américaines, a elle affirmé, sans évoquer directement l'invitation : "Nous sommes dans un processus de dialogue, de travail avec les États-Unis, sans aucune crainte, pour affronter les divergences, les difficultés, les plus sensibles et les moins sensibles, pour les aborder par la voie de la diplomatie".

Ce serait la première dirigeante vénézuélienne à se rendre aux États-Unis depuis plus d'un quart de siècle — à l'exception des présidents assistant aux réunions des Nations unies à New York.

Stratégie pragmatique avec le Venezuela

Cette invitation montre une nouvelle fois que le président américain, qui a affirmé bien "travailler" avec Delcy Rodriguez, entend adopter une stratégie pragmatique avec le Venezuela, ne cachant pas son intérêt pour le pétrole. Trump semble toutefois vouloir garder deux fers au feu. Mardi, il avait confié vouloir "impliquer" la cheffe de l'opposition vénézuélienne et Nobel de la paix, Maria Corina Machado, dans la gestion du pays.

La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez invitée par la Maison Blanche
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, salue après une conférence de presse au palais présidentiel Miraflores à Caracas, le 14 janvier 2026. © Juan Barreto, AFP

La visite de Delcy Rodriguez serait un événement : le dernier chef d'État vénézuélien s'étant rendu aux Etats-Unis pour une rencontre officielle avec un président américain remonte aux années 1990, lorsque Carlos Andres Perez s'était entretenu avec George H. W. Bush (père). Le virage socialiste avec Hugo Chavez (1999-2013) a ensuite refroidi les relations qui sont rapidement devenues conflictuelles.

Investie le 5 janvier, deux jours après la spectaculaire capture de Nicolas Maduro par les forces américaines, Delcy Rodriguez semble faire de nombreuses concessions sous la pression américaine. Trump n'a pas hésité à la menacer de nouvelle attaque si elle ne répondait pas positivement à ses demandes.

La présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez invitée par la Maison Blanche
Des manifestants brandissent un drapeau vénézuélien lors d'un rassemblement pour réclamer la libération du président déchu Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, à Caracas, le 21 janvier 2026. © Pedro Mattey, AFP

"Centres de détention clandestins"

Au Venezuela, des proches de prisonniers politiques attendent toujours les libérations qui s'opèrent au compte-gouttes. Depuis les promesses de libérations, seules quelque 150 personnes sur plus de 800 prisonniers politiques ont été libérées, selon un bilan des ONG.

"On attend avec foi et espoir tout en travaillant à ce que Javier (Tarazona) sorte rapidement", a affirmé mercredi Rafael Tarazona, frère de ce militant des droits de l'Homme, un des détenus politiques les plus célèbres, arrêté en juillet 2021. "L'engagement de libérer tous les prisonniers politiques au Venezuela n'a toujours pas été tenu", avait déploré mardi Diego Casanova, membre de l'ONG Comité pour la libération des prisonniers politiques.

Mercredi, la Commission interaméricaine des droits de l'Homme (CIDH), a accusé Caracas de continuer d'exploiter des "centres de détention clandestins". "La persistance de ces installations met en évidence la nature structurelle des violations et l'absence d'une surveillance institutionnelle efficace", a déclaré la rapporteuse spéciale de l'organisme pour le Venezuela, Gloria Monique de Mees.

Avec AFP