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Incendie de Crans-Montana : la commune avoue ne pas avoir contrôlé le bar depuis 2019
Le bar de Crans-Montana, Le Constellation, dans lequel 40 personnes ont péri dans un incendie à la Saint-Sylvestre, n'avait pas été contrôlé par le service de sécurité communal de 2020 à 2025, a admis Nicolas Féraud, président du Conseil communal, mardi. La loi suisse impose "de faire ces visites périodiques annuellement" dans les établissements recevant du public.
Les membres du conseil communal de Crans-Montana lors d'une conférence de presse en Suisse, le mardi 6 janvier 2026. © Cyril Zingaro, AP

L’enquête se poursuit après l’incendie qui a fait 40 morts dans le bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, dans la nuit du Nouvel An. La commune a admis, mardi 6 janvier, un "manquement" aux contrôles périodiques de sécurité. La loi impose "de faire ces visites périodiques annuellement" dans les établissements recevant du public, a déclaré le président de Crans-Montana, Nicolas Féraud, lors d'une conférence de presse.

En 2016, 2018 et 2019, des contrôles du bar Le Constellation ont été effectués, avec des demandes spécifiques de modifications pour respecter ces normes, selon la commune. Mais "les contrôles périodiques n'ont pas été effectués de 2020 à 2025" et "nous le regrettons amèrement", a reconnu Nicolas Féraud, indiquant toutefois ne pas savoir pourquoi les inspections n'ont pas été faites.

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Incendie de Crans-Montana : la commune avoue ne pas avoir contrôlé le bar depuis 2019
ITW © France 24
06:17

La commune "assumera toute la responsabilité que la justice déterminera"

"Nous en sommes profondément navrés, nous n'avons pas de réponse aujourd'hui", a-t-il déclaré. "La justice dira l'influence qu'a eu un tel manquement dans la chaîne de causalité ayant conduit au drame", a indiqué la commune dans un communiqué, précisant qu'elle "assumera toute la responsabilité que la justice déterminera".

Interrogé pour savoir s'il souhaitait démissionner, le président de la station de ski a répondu par la négative, répétant plusieurs fois qu'"on ne quitte pas un navire au milieu de la tempête". Mais "nous sommes tous extrêmement tristes", a indiqué Nicolas Féraud.

Le bar appartient depuis 2015 à deux Français, Jacques et Jessica Moretti. Depuis samedi, ils sont visés par une enquête et soupçonnés d'"homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence". Ils n'ont été ni placés en détention provisoire, ni assignés à résidence.

"Je porterai ce fardeau et la tristesse de toutes ces familles toute ma vie"

L'incendie a été provoqué, selon l'enquête, par des bougies dites "fontaines", qui ont enflammé le plafond du sous-sol du bar recouvert d'une mousse acoustique. Les clients de l'établissement, principalement des adolescents et de jeunes adultes, ont été piégés par les flammes. L'enquête doit notamment déterminer si cette mousse était conforme ou pas.

Des vidéos, révélées lundi soir par la télévision suisse RTS, montrent que ce n'est pas la première fois que ce type de bougies était utilisé dans le bar et que le danger était connu. "Faites gaffe à la mousse !" Cette mise en garde a été prononcée il y a six ans par un employé du bar lors de la soirée du nouvel an 2019-2020, selon une de ces vidéos.

Le président de Crans-Montana a, lui, indiqué que la commune n'avait jamais été prévenue du danger. "Nous aurions voulu que ces personnes nous alertent. Nous serions intervenus immédiatement si nous avions su quelque chose", s'est-il défendu. "J'ai vécu cette semaine de façon extrêmement difficile. Je sais que je porterai ce fardeau et la tristesse de toutes ces familles toute ma vie", a-t-il conclu.

Le propriétaire du Constellation avait obtenu en 2015 une autorisation de construire pour une véranda, et opéré lui-même des travaux intérieurs "qui ne nécessitaient pas d'autorisation", a également précisé la commune. En septembre 2025, un bureau externe spécialisé avait réalisé une étude acoustique du Constellation et confirmé, selon la commune, "le respect des normes anti-bruit, sans relever d'autres problèmes".

Avec AFP