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Que sait-on du Marinera, pétrolier russe lié au Venezuela saisi par Washington ?
Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir saisi le pétrolier Marinera (anciennement Bella 1), historiquement impliqué dans le transport de pétrole vénézuélien, en pleine campagne de pression maritime contre Caracas. Que sait-on de ce navire, battant, depuis peu, pavillon russe, et arraisonné pour "violation des sanctions américaines" ?
Le pétrolier Marinera, anciennement connu sous le nom de Bella 1, photographié en mer dans le détroit de Singapour le 18 mars 2025. © Hakon Rimmereid, AFP

Fin de la course-poursuite. Les États-Unis ont annoncé, mercredi 7 janvier, avoir saisi dans l'Atlantique Nord un pétrolier battant pavillon russe qui était poursuivi depuis plusieurs semaines par les garde-côtes américains dans le cadre du blocus de Washington visant des navires liés au Venezuela.

Cette dernière opération américaine visant à arraisonner le Marinera fait suite à une première tentative d'arraisonnement du pétrolier le mois dernier dans les Caraïbes, alors qu'on pensait qu'il se dirigeait vers le Venezuela. Celui-ci avait coupé ses balises GPS en tentant de rejoindre la Russie, après avoir refusé une inspection de la garde côtière américaine dans les eaux caribéennes.

"Le ministère de la Justice et le ministère de la Sécurité intérieure, en coordination avec le ministère de la Guerre, ont annoncé aujourd'hui la saisie du Bella 1 pour violation de sanctions américaines", a finalement écrit sur X le commandement militaire américain pour l'Europe.

Poursuivi par les États-Unis depuis plus de deux semaines

Le navire, Bella 1 de son nom d'origine, avait auparavant été immatriculé frauduleusement sous pavillon guyanais.

Historiquement, il transportait du pétrole brut vénézuélien, mais il serait actuellement vide, selon le site spécialisé TankerTrackers.

Sous sanctions américaines depuis 2024 pour ses liens présumés avec l'Iran et le groupe chiite libanais Hezbollah, il est poursuivi depuis le 21 décembre par les garde-côtes américains qui avaient alors obtenu un mandat d'arrêt contre le navire, accusé d'avoir enfreint les sanctions américaines et transporté du pétrole iranien. Celui-ci a alors changé de cap, de nom et s'est fait immatriculer comme navire russe.

Flotte clandestine

Le Marinera fait partie d'une flotte clandestine qui a transporté du pétrole pour la Russie, l'Iran et le Venezuela en violation des sanctions imposées par les États-Unis et d'autres pays, selon Washington.

Le registre maritime russe indique que le pétrolier, rebaptisé depuis peu Marinera, est basé à Sotchi, au large de la côte ouest de la mer Noire. Selon le New York Times, le gouvernement russe avait officiellement demandé aux États-Unis de mettre fin à toute tentative d'interception du navire.

Mardi, le ministère russe des Affaires étrangères avait déclaré qu'il suivait "avec inquiétude" la situation autour du pétrolier. "Pour des raisons qui nous échappent, le navire russe suscite une attention accrue de la part des armées américaine et de l'Otan – une attention manifestement disproportionnée au regard de son statut pacifique", disait le ministère.

Mercredi, vers 7 h GMT, il se trouvait dans la zone économique exclusive (ZEE) de l'Islande, après une traversée de l'océan Atlantique dans les eaux internationales, selon les données de suivi maritime de Bloomberg.

Des images diffusées par la chaîne russe RT montraient un hélicoptère survolant le Marinera ainsi qu'un patrouilleur présenté comme américain évoluant à proximité.

Brusque revirement

Il était ainsi poursuivi par les autorités américaines à travers l'Atlantique Nord, et la Russie aurait déployé un sous-marin pour l'escorter durant la traversée de l'océan.

Les dernières données de localisation du navire montraient un brusque revirement vers le sud, et un ralentissement à huit nœuds à partir de 11 h 26 GMT, rapporte la BBC.

Peu avant son arraisonnement, le pétrolier se trouvait à environ 200 km (124 miles) au sud des côtes islandaises.

Cette situation s’inscrit dans un contexte de pression maritime accrue à la suite de la capture de Nicolas Maduro par les forces américaines.

Deux autres pétroliers – l'Hyperion et le Premier –, sous sanctions américaines et qui ont émis un signal en mer des Caraïbes proche du Venezuela dans la semaine écoulée, sont également passés sous drapeau russe en décembre.

Mercredi, l'Hyperion faisait route dans l'Atlantique vers le port d'Oust-Louga (Russie), selon ses informations de navigation, tandis que le Premier partageait une position dans la mer des Caraïbes.

Trois autres pétroliers sanctionnés identifiés par l'AFP mi-décembre près du Venezuela apparaissaient mercredi sous pavillon russe dans le registre en ligne du ministère russe des Transports, alors qu'ils figurent sous d'autres pavillons dans la base officielle de l'Organisation maritime internationale.

Avec AFP