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Le QG des Gardiens de la révolution iraniens détruit, la guerre menace d'embraser le Moyen-Orient
Le Quartier général des Gardiens de la révolution iraniens a été détruit, dimanche, par des frappes américano-israéliennes. Donald Trump les a une nouvelle fois appelé à "déposer les armes" alors que les États-Unis ont déploré leurs premières victimes. De son côté, Téhéran a continué à mener des frappes de représailles sur les pays du Golfe, laissant craindre un embrasement régional.
Des missiles iraniens interceptés par le système de défense antiaérienne israélien, dimanche 1er mars 2026. © Amir Cohen, Reuters

Les frappes américano-israéliennes se poursuivent. Elles ont détruit le Quartier général des Gardiens de la Révolution iraniens, a annoncé dimanche 1er mars le Pentagone, alors que les États-Unis ont déploré leurs premières victimes d'une guerre qui menace d'embraser le Moyen-Orient.

Au lendemain de la mort du guide suprême iranien, l'ayatollah Khamenei, les États-Unis et Israël ont dit avoir "décapité le serpent" lors d'une attaque à grande échelle samedi, l'armée israélienne soulignant avoir porté un "coup dur" aux capacités de commandement iraniens.

Le président américain, Donald Trump, a déclaré au Daily Mail s'attendre à ce que l'opération contre l'Iran dure "quatre semaines ou moins", faisant valoir que le "pays est grand".

Dans une première réaction à la mort de trois militaires américains, il a dit dans une interview téléphonique à NBC News "s'attendre à des pertes, mais au bout du compte ce sera une bonne affaire pour le monde".

Deux très puissantes explosions ont secoué dimanche soir Téhéran, alors que la télévision d'État annonçait être visée par des frappes.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a dit que son pays, qui avait déjà frappé l'Iran en juin avec les États-Unis, mobilisait "toute sa puissance, comme jamais auparavant" dans l'opération, et Donald Trump a affirmé que "48 dirigeants" iraniens avaient déjà été tués et des navires "coulés". Le peuple iranien tient là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays, avait-il lancé plus tôt.

Crainte d'un embrasement régional

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, ont annoncé une attaque "de grande envergure". Un responsable iranien a souligné que Téhéran visait les bases américaines dans les pays voisins, et non ses voisins.

En riposte à l'attaque samedi lors de laquelle de très hauts responsables iraniens ont péri, dont le guide suprême, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël.

Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé que trois militaires américains avaient été tués et cinq autres grièvement blessés dans le cadre de l'opération.

Des journalistes de l'AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, Abou Dhabi, Doha, Riyad et Manama, ainsi qu'Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les États-Unis, qui a appelé à un "cessez-le-feu". À Jérusalem, plusieurs séries d'explosions ont été entendues dimanche soir vers 19 h 20 GMT.

Trois navires ont été attaqués au large des Émirats arabes unis et d'Oman dans le détroit d'Ormuz, selon des agences de sécurité maritimes. Le premier armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné à tous ses navires présents dans le Golfe de "se mettre à l'abri".

Les Émirats, où trois personnes ont été tuées et 58 blessées depuis samedi, ont appelé l'Iran à revenir "à la raison". Une personne est morte au Koweït.

Les six États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunis dimanche par visioconférence pour faire un point sur les "dégâts considérables causés par les attaques perfides de l'Iran", ont prévenu qu'ils prendraient "toutes les mesures nécessaires pour défendre leur sécurité" et "protéger leurs citoyens". Et se réservent "le droit de répondre à l'agression" si nécessaire, selon un communiqué.

Les hostilités ont entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient.

L'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles frappes contre Israël. Neuf personnes ont été tuées dimanche à Bet Shemesh, dans le centre d'Israël, quand un bâtiment s'est effondré à la suite d'une "frappe directe" de missile iranien, ont annoncé les secours. Plus de 40 personnes ont été blessées et 11 sont portées disparues. Plus de 20 personnes ont aussi été blessées à Tel-Aviv.

Les dirigeants allemands, français et britanniques se sont dit prêts dimanche à des "actions défensives nécessaires et proportionnées" face aux ripostes iraniennes afin de "détruire à la source" les capacités militaires de Téhéran.

Plus de 200 morts en Iran, dont plusieurs hauts responsables

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger la mort du guide suprême était un droit "légitime" et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a averti que son pays ne se fixait "aucune limite" dans son droit à se défendre.

À Téhéran, les autoroutes et grandes avenues, habituellement embouteillées, sont vides. Les réverbères le long des grands axes sont éteints et peu de lumières sont visibles depuis les appartements, ce qui suggère que beaucoup ont quitté la capitale.

L'agence de presse Mehr a affirmé qu'une attaque dans l'ouest de l'Iran contre un bâtiment des gardes-frontières avait tué 43 membres des forces de sécurité.

Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, un conseiller du guide suprême, Ali Shamkhani, et le chef d'état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, selon la télévision d'État.

En Iran, le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays.

Outre le Golfe et Israël, les hostilités s'étendent ailleurs dans la région, notamment en Irak. De nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines et Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade américaine. En Jordanie, les forces armées ont dit avoir intercepté depuis samedi 13 missiles balistiques.

Les appels à la désescalade se sont multipliés, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, mettant en garde contre une "série d'événements que personne ne peut contrôler".

Avec AFP