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Washington envisagerait de retirer l'Espagne de l'Otan, Pedro Sanchez ne s'estime "pas inquiet"
Les États-Unis réfléchiraient à suspendre l'Espagne de l'Otan, selon des informations de l'agence Reuters. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a déclaré vendredi ne pas avoir "d'inquiétude" à ce sujet, car aucun article du traité de l'Alliance ne prévoit la suspension ou l'exclusion d'un des membres.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez arrive pour une conférence de presse à Pékin, en Chine, le 14 avril 2026. © Ng Han Guan, AP

L'Espagne dans le viseur de Donald Trump. Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, a réagi vendredi 24 avril aux informations de l'agence Reuters selon laquelle les États-Unis réfléchiraient à suspendre l'Espagne de l'Otan. "Pas d'inquiétude", a-t-il déclaré, alors que Donald Trump lui reproche son opposition à la guerre contre l'Iran.

Aucun article du traité fondateur de l'Otan, signé en 1949, ne prévoit la suspension ou l'exclusion d'un membre de l'Alliance atlantique, au centre de nombreuses critiques de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche il y a plus d'un an.

Pedro Sanchez a été interrogé lors d'un sommet des dirigeants de l'Union européenne à Nicosie, à Chypre, sur les informations de l'agence Reuters. Selon elle, Washington envisagerait de suspendre la participation de l'Espagne à des postes de responsabilité au sein de l'Alliance : "L'Espagne est un partenaire fiable au sein de l'Otan et nous remplissons nos obligations", s'est-il défendu en anglais. "Donc, pas d'inquiétude", a-t-il balayé.

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Enquête sur des soupçons de corruption au sein de l'Otan © France 24
05:41

"Nous ne travaillons pas sur la base d'e-mails (qui mentionneraient selon Reuters ces réflexions à Washington, NDLR), nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des États-Unis formule", a-t-il aussi affirmé par ailleurs en espagnol.

"La position du gouvernement espagnol est claire : une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale", a-t-il poursuivi en espagnol.

Bases militaires, dépenses de sécurité... Des désaccords nombreux

Interrogée sur ces informations de presse, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a, pour sa part, appelé l'Otan à "rester unie", l'un de ses "atouts".

Donald Trump, quant à lui, n'a pas réagi dans l'immédiat. Mais dans un courriel adressé à l'AFP, la porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a relevé que "comme l'a dit le président Trump, en dépit de tout ce que les États-Unis ont fait pour nos alliés de l'Otan, ils ne nous ont pas soutenus" lors de l'offensive contre l'Iran.

"Le ministère de la Guerre fera en sorte que le président ait à sa disposition des options crédibles pour que nos alliés ne soient plus des tigres de papier mais au contraire fassent leur part", a-t-elle ajouté, sans se prononcer spécifiquement sur la présence de Madrid dans l'Alliance atlantique.

Un des rares chefs d'État occidentaux critique d'Israël

Depuis fin février, Pedro Sanchez s'est opposé à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, devenant le fer de lance des voix s'élevant en Occident contre les hostilités qui ont embrasé le Moyen-Orient.

Cette position ferme a fortement irrité Donald Trump, qui a reproché à Madrid d'avoir refusé de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour mener des attaques aériennes, allant jusqu'à menacer de "cesser tout commerce" entre les deux pays.

Depuis plusieurs mois, Donald Trump reproche également au gouvernement espagnol de refuser de porter à 5 % de son Produit intérieur brut (PIB) d'ici 2035 ses dépenses de sécurité, dont 3,5 % pour les seules dépenses militaires, comme convenu lors du sommet de l'Alliance l'an dernier à La Haye (Pays-Bas). Madrid estime être en mesure d'atteindre les objectifs de capacités militaires fixés par l'Otan, en limitant ses dépenses militaires à 2 % de son PIB.

Pedro Sanchez est aussi l'un des rares dirigeants occidentaux de premier rang à avoir qualifié de "génocide" la guerre menée par Israël à Gaza après l'offensive du Hamas en octobre 2023. 

Avec AFP