
Un avion transportant Donald Trump Jr. arrive à Nuuk, au Groenland, le 7 janvier 2025. © Emil Stach, AFP
Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déclaré, mercredi 7 janvier, qu'il s'entretiendrait la semaine prochaine avec des responsables danois, alors que le président Donald Trump, étudie "activement" un achat du Groenland, jugeant le territoire semi-autonome indispensable pour la sécurité nationale des États-Unis.
L'achat du Groenland "est quelque chose dont le président et son équipe de sécurité nationale discutent activement", a déclaré, mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse, en réponse à une question sur une possible acquisition.
Plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, ont marqué, mardi, leur soutien au Danemark et au Groenland, tandis qu'une porte-parole de la Maison Blanche a fait savoir que l'administration Trump envisageait plusieurs options pour acquérir le territoire, une intervention de l'armée américaine étant "toujours une option".
"Si le président identifie une menace pour la sécurité nationale des États-Unis, chaque président conserve l'option d'y répondre par des moyens militaires", a déclaré Marco Rubio aux journalistes qui l'interrogeaient mercredi sur l'hypothèse que Washington mette en péril l'Otan – dont le Danemark est également membre – en recourant à une option militaire au Groenland.
"En tant que diplomate (...), ce sur quoi nous travaillons, c'est plutôt de régler la situation de manière différente – cela inclut le Venezuela", a-t-il ajouté.
Le Premier ministre du Groenland a exhorté Donald Trump à mettre en sourdine ses velléités d'annexion de l'île.
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Les Européens se préparent à "riposter"
Le président du Parti social-démocrate autrichien (SPÖ) et vice-chancelier du pays, Andreas Babler, a exhorté mercredi l'Union européenne (UE) à élaborer un "catalogue" de mesures pour dissuader toute tentative américaine d'annexer le Groenland, territoire semi-autonome du Danemark.
Andreas Babler propose de préparer une menace de sanctions "sévères" contre des géants technologiques américains et des droits de douane "punitifs" sur des produits agricoles provenant de certains États américains, dans un communiqué.
"La restriction des investissements américains dans des domaines relevant de nos infrastructures critiques doit également figurer sur une liste dissuasive", a souligné Andreas Babler, vice-président du parti socialiste européen (PES).
"L'Europe doit cesser de se présenter plus petite qu'elle ne l'est" et "utiliser vis-à-vis des États-Unis son poids économique considérable", a ajouté l'élu, qui assure la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, membre elle aussi du PSE, de sa solidarité.
Les États-Unis disent étudier "plusieurs options", y compris militaires, pour "prendre possession" du Groenland, Donald Trump estimant que l'île arctique de 57 000 habitants appartient à la sphère naturelle d'influence des États-Unis.
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Le président et son entourage ont remis cette revendication sur le tapis avec une ardeur renouvelée dans la foulée de l'opération militaire choc menée par les États-Unis au Venezuela.
Les Européens se préparent à "riposter" à toutes formes d'intimidations des États-Unis, a assuré, mercredi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
Début décembre, l'Union européenne (UE) avait infligé une amende de 120 millions d'euros à X, le réseau social détenu par Elon Musk, première sanction prononcée dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA), loi phare adoptée pour lutter contre les contenus illégaux en ligne.
Dans la foulée, l'administration américaine avait interdit de séjour cinq personnalités européennes engagées en faveur d'une régulation plus stricte du secteur technologique.
Avec AFP et Reuters
