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Publié le : 10/09/2024 - 07:50

A la Une de la presse, ce mardi 10 septembre, la décision de l’Allemagne d’étendre les contrôles à ses frontières, y compris avec la France et la Belgique, pour faire reculer "l’immigration illégale". La menace du gouvernement hongrois d’envoyer envoyer des bus de migrants à Bruxelles. Et de nouvelles révélations sur l’abbé Pierre, le fondateur décédé d’Emmaüs, accusé d’agressions sexuelles par plusieurs victimes.

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A la Une de la presse, la décision de l’Allemagne d’étendre les contrôles à ses frontières, y compris avec la France et la Belgique, pour faire reculer "l’immigration illégale".

"Entrée interdite aux étrangers" : Neues Deutschland, journal de gauche, fait état d’un "élargissement", outre-Rhin, du " front " favorable à un "revirement de la politique migratoire" et à l’augmentation d’expulsions "plus rapides et plus dures". Le quotidien précise que les contrôles supplémentaires annoncés hier par la ministre de l'Intérieur devraient débuter le 16 septembre, pour six mois, afin de "protéger" l’Allemagne des "menaces du terrorisme islamiste et de la criminalité transfrontalière". Der Spiegel rappelle le contexte de cette annonce: l’attaque au couteau qui a fait trois morts, il y a 15 jours, à Soligen, dans l’ouest du pays et la nouvelle percée, une semaine plus tard, de l’extrême-droite aux régionales dans l’est de l’Allemagne - deux événements qui ont mis la pression sur la coalition du chancelier Olaf Scholz, dont le magazine se demande si la nouvelle politique migratoire est le fruit d’une "énergie nouvelle" ou le résultat d’une "panique". Der Spiegel se demande aussi si le gouvernement n’est pas tombé dans une "spirale de revendications" anti-immigration , "dont il sortira toujours perdant". Le Frankfurter Allgemeine Zeitung s’interroge, lui, sur les réactions des voisins de l'Allemagne et indique que, pour le moment, ces annonces n’ont "pas fait grand bruit en Pologne et en République tchèque", contrairement à l’Autriche, où le ministre de l'Intérieur a prévenu que Vienne "n'acceptera pas les personnes rejetées par l'Allemagne" et qu’il n’y aura "aucune négociation", tout étant fixé par le droit européen actuel.

En Hongrie, le gouvernement a annoncé, la semaine dernière, vouloir envoyer des bus de migrants vers Bruxelles. Pour se montrer plus convaincant, sans doute, le porte-parole du ministre de l’Intérieur avait convoqué la presse devant une rangée de bus affichant Bruxelles pour destination. "Une provocation" pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui explique que ces menaces sont un moyen, pour Budapest, de "mettre la pression sur l’UE" après la décision, en juin dernier, de la Cour européenne de justice d’ordonner le paiement, par Hongrie, d’une amende de 200 millions d’euros pour non-respect des règles européennes en matière d’accueil. Bruxelles juge le projet "inacceptable". La Libre Belgique cite la secrétaire d'Etat belge à l'Asile et à la Migration: une "audace de ce genre" est "nuisible et contre-productive" et porte atteinte à "la solidarité et à la coopération au sein de l’UE".

La Hongrie de Viktor Oban, où le président tchadien Mahamat Idriss Déby a effectué, pour la première fois, une visite officielle qui s’est achevée hier. Le Monde explique que cette visite s’inscrit dans le projet de Budapest de jouer un rôle plus actif au Sahel, où le Tchad est "un pays-clé, selon Viktor Orban, dans la lutte contre l’immigration". D’après le journal, le premier ministre hongrois compte "envoyer prochainement 200 soldats à N’Djamena , la capitale, "pour former les forces locales contre les djihadistes", après l’ouverture, par Budapest, d’un centre d’aide humanitaire et d’une représentation diplomatique et la signature de plusieurs accords dans l’agriculture et l’éducation. Plus largement, Le Monde évoque  "la diplomatie tous azimuts" de la Hongrie, qui s’est rapprochée, sous Viktor Orban, de Moscou, de Pékin,, mais aussi de plusieurs pays d’Asie centrale.

En France, il est beaucoup question des nouvelles révélations sur l’abbé Pierre, le fondateur décédé d’Emmaüs, accusé d’agressions sexuelles par plusieurs victimes. La cellule investigation de Radio France, qui affirme que l’Église comme Emmaüs, ont sciemment couvert les agissements du prêtre, a eu accès à une partie de sa correspondance – des lettres où l’abbé Pierre conteste les accusations d’agressions sexuelles et menace ceux qui le mettent en cause. Le site de Radio France en publie plusieurs extraits, comme cette missive envoyée fin 1955 à un étudiant américain qui avait co-organisé, à l’époque, un séjour de l’abbé Pierre aux Etats-Unis et dénoncé ses agissements. "Tu promettais de ne plus te mêler de cette multitude de choses où tu ne sais accumuler que des ravages, chaos et infection", écrivait l’abbé Pierre, qui se faisait menaçant: "Sache que pas une récidive ne restera sans réponse, et (que) s’il le faut (mes réponses seront) brutales, chirurgicales".En France, le choc provoqué par ces révélations est immense. Le site de F24 rapporte que les associations créées par l’abbé Pierre veulent changer de nom et qu’Emmaüs International dit étudier une "forme d'indemnisation des victimes". Le choc va même au-delà de l’Hexagone.Pour le journal belge Le Soir, "le cas "abbé Pierre" est un séisme", dont (il) espère qu’il rappellera "l’irresponsabilité folle et la culpabilité lourde de celles et ceux qui taisent et cachent les abus commis par qui que ce soit, où que ce soit". De rappeler que ce silence, en réalité, "ne protège rien".

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