logo

Le Parlement hongrois entérine l'adhésion de la Finlande à l'Otan

Le Parlement hongrois a ratifié lundi l'entrée de la Finlande à l'Otan et le feu vert du Parlement turc pourrait suivre dans les prochains jours. La Suède, elle aussi candidate, attend toujours ces deux dernières ratifications, qui virent au chemin de croix diplomatique.

La fin de mois de tergiversation. Le Parlement hongrois a approuvé lundi 27 mars un texte autorisant la Finlande à rejoindre l'Otan, mettant fin à plusieurs mois d'inaction sur le dossier de la part du parti Fidesz au pouvoir et rapprochant le pays d'Europe du Nord d'une adhésion à l'Alliance transatlantique.

Une large majorité de députés (182 sur les 199 sièges) ont approuvé l'entrée d'Helsinki dans l'Otan, tandis que le cas de la Suède sera discuté "plus tard".

Les 30 pays membres de l'Otan doivent chacun donner leur feu vert à l'entrée d'un nouveau pays. Seule la Turquie, désormais, n'a pas encore approuvé l'adhésion de la Finlande. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué ce mois-ci que cela devrait être le cas d'ici les élections du 14 avril.

Parmi les 30 membres de l'organisation, 28 pays (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne...) ont déjà ratifié l'adhésion des deux pays.

Finlande et Suède ont demandé simultanément l'an dernier à rejoindre l'Otan, à la suite de l'offensive lancée par la Russie en Ukraine. Le texte visant à approuver l'entrée de la Suède dans l'Alliance transatlantique est toujours bloqué au Parlement hongrois.

Avec l'invasion russe de l'Ukraine, la Finlande et la Suède ont décidé de tourner la page de leur politique de non-alignement militaire en vigueur depuis les années 1990, elle-même héritée de décennies de neutralité contrainte ou choisie, en demandant à rejoindre l'Otan en mai 2022.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a donné mi-mars son feu vert pour la Finlande, qui partage la plus longue frontière européenne (1 340 km) avec la Russie, derrière l'Ukraine. Le vote au Parlement pourrait intervenir sous peu.

Le cas suédois

La situation est plus délicate pour son voisin suédois, qui fait toujours face aux objections d'Ankara. La Turquie accuse notamment la Suède d'être un havre de militants "terroristes" kurdes, et de refuser des extraditions, qui sont en réalité décidées par la justice suédoise.

Stockholm s'inquiète par ailleurs du retard pris par Budapest, malgré le soutien affiché officiellement par le gouvernement Orban. La semaine dernière, le directeur de cabinet du Premier ministre hongrois, Gergely Gulyas, a jugé qu'il y avait une "bonne chance" que le vote intervienne au cours de la session de printemps au Parlement, qui s'achève le 15 juin.

Mais le parti Fidesz traîne des pieds. Il a dénoncé à plusieurs reprises les "mensonges" répandus par les responsables politiques suédois sur l'État de droit en Hongrie, alors que Viktor Orban est régulièrement accusé par les organisations internationales de "dérive autoritaire".

Pour l'opposition hongroise, ce retard "sert les intérêts" du président russe Vladimir Poutine, avec lequel M. Orban veut maintenir des liens, a déclaré lundi dans l'hémicycle l'élu Ferenc Gerencser.

Un autre motif d'inquiétude côté suédois est que la Hongrie se serve de l'adhésion à l'Alliance atlantique comme monnaie d'échange dans sa bataille avec l'Union européenne. 

Des milliards d'euros de fonds destinés à Budapest sont actuellement gelés par Bruxelles dans l'attente de réformes pour mieux lutter contre la corruption.

Avec Reuters et AFP