A la Une de la presse, ce mercredi 10 février, les réactions de la presse française au projet de loi "Climat et résilience", présenté aujourd’hui en Conseil des ministres. La démission du directeur de Sciences Po Paris, dans le sillage du scandale Olivier Duhamel, l’ancien président de la Fondation nationale des sciences politiques, accusé d’inceste. Le renforcement drastique des contrôles aux frontières britanniques pour cause de Covid. Et un avocat (l’homme de loi, pas le fruit), coincé dans un chaton.
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A la Une de la presse française, les réactions au projet de loi "Climat et résilience", qui sera présenté aujourd’hui en conseil des ministres.
Élaboré à partir des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, le texte suscite une levée de boucliers - à commencer par les membres de cette Convention. Interrogée par le gratuit 20 minutes, sa présidente, serait "verte de dépit". Elle critique en tout cas un projet de loi qui "manque d’ambition". Selon elle, "le compte n’y est pas", car si le texte "reprend un grand nombre des mesures (avancées par son association), il en réduit la portée, ou n’en prend qu’une partie".
Libération dénonce l’influence des lobbies sur le texte. "Le projet "climat et résilience", n’a pas été si résilient face aux attaques des cabinets de conseil, publicitaires, avocats et autres chargés de communication politique, effrayés par l’idée qu’il faut changer des choses", selon Libé – qui juge "frappante" " l’inégalité de moyens entre (les) représentants de l’industrie polluante et les citoyens représentant l’intérêt des générations futures".
Photo d’Emmanuel Macron au Mont Blanc à l’appui, L’Humanité évoque "la fonte des ambitions" du président en matière environnementale, en ironisant, lui aussi, sur l’influence des lobbies: "Pour eux, la bonne méthode, c’est "l’incitation". Un joli mot pour dire leur refus du principe d’un encadrement public et citoyen de l’activité économique, fût-ce au nom du climat, de la santé ou de la justice sociale. Mais, après tout, ces lobbies, aussi contestables et peu ragoûtants soient-ils, ne font que leur travail. Le vrai problème est que les gouvernements les suivent".
Les Echos, eux, accusent les écologistes de "tirer à vue" sur le projet de loi. Si le journal regrette que "rien dans son contenu ne semble trouver grâce à leurs yeux", il concède qu’Emmanuel Macron "l'a un peu cherché en mettant en place la convention citoyenne et en s'engageant imprudemment à reprendre l'intégralité de ses propositions "sans filtre"". "Sur une matière aussi complexe, mettant en jeu autant d'intérêts et d'acteurs, cela n'avait pas de sens. Le chef de l'Etat solde aujourd'hui cette promesse hasardeuse": le quotidien évoque des "compromis" qui n’auraient selon lui "rien de déshonorant" et critique "ceux qui jugent toujours le verre aux trois quarts vide (et) font comme si la France ne subissait pas une crise économique (et sanitaire) sans précédent".
En France, toujours, les accusations d’inceste contre l’ancien président de la Fondation nationale des sciences politiques, Olivier Duhamel, ont fait scandale. Dans le sillage de cette affaire, Le Monde annonce la démission, hier, du directeur de Sciences Po Paris, Frédéric Mion, un protégé d’Olivier Duhamel. "Un coup dur pour l’école française du pouvoir, mais aussi pour le Conseil d’Etat, dont Sciences Po est depuis toujours l’une des places fortes", rappelle le journal.
A la suite, cette fois, des révélations de Libération sur Sciences Po Bordeaux, dont une dizaine d’étudiantes disent avoir été victimes de viols ou d’agressions sexuelles durant leur scolarité, Libé fait état de l’affluence, sur les réseaux sociaux, d’autres témoignages d’étudiantes d’autres Instituts d’études politiques, affirmant avoir été, elles aussi, victimes de ces violences - des récits réunis sous le hashtag "SciencesPorcs", qui dénoncent une "culture du viol" pratiquée selon elles dans ces temples de l’élite française.
La lutte contre les violences sexuelles, en particulier contre les mineurs, dont le gouvernement dit vouloir faire une priorité. Le Monde rapporte que le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, et le secrétaire d’Etat à l’enfance et aux familles, Adrien Taquet, ont annoncé hier une mesure demandée de longue date par les associations de victimes et de la protection de l’enfance: la création d’un seuil d’âge, fixé à 15 ans, en deçà duquel tout acte de pénétration sexuelle commis par un adulte sera automatiquement considéré comme un viol, "consentement" ou non. Un crime puni de vingt ans de réclusion.
A la rubrique justice, toujours, dans un tout autre registre, le Royaume-Uni a annoncé hier qu’il imposera des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison aux voyageurs ayant caché leur provenance de pays à risque Covid-19. "10 jours en quarantaine dans une chambre d’hôtel. Ou 10 ans dans une cellule si vous mentez": la version britannique du gratuit Metro précise que les voyageurs de retour de 33 pays désignés "à risque" devront payer près de 2000 euros pour leur séjour en quarantaine ou prendre le risque de se retrouver en prison.
The Financial Times salue ce renforcement annoncé des contrôles à l’arrivée dans le pays: "Le Royaume-Uni s’est toujours vanté des mérites de son économie ouverte", mais avec la pandémie, cette ouverture s’est transformée "en talon d’Achille", selon le journal.
Avant de vous dire à demain, je vous propose de jeter un cil au New York Times, qui fait état de la mésaventure assez loufoque d’un avocat américain, Rod Ponton, qui a participé à une audience en visioconférence sur Zoom, épidémie oblige, mais a été confronté à problème technique assez improbable: se retrouver coincé dans un filtre remplaçant son visage par celui d’un adorable chaton. Cela a donné lieu à une conversation assez surréaliste, où l’avocat s’est retrouvé obligé d’assurer que non, il n’était pas un félin. Chat alors!
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