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Corée du Nord : deux nouveaux missiles testés sur fond de tensions avec Séoul
Pyongyang a testé deux "nouveaux" missiles de défense aérienne, a fait savoir dimanche l'agence nord-coréenne KCNA. Une annonce qui intervient sur fond de tensions avant une rencontre du président sud-coréen Lee Jae-myung avec son homologue américain Donald Trump.
Photo composite publiée par les médias d'État nord-coréens montrant Kim Jong-un inspectant le tir de nouveaux missiles de défense aérienne. © KCNA via AFP

La Corée du Nord a testé deux "nouveaux" missiles de défense aérienne, a annoncé l'agence nord-coréenne KCNA dimanche 24 août, sur fond de tensions avec le Sud avant une rencontre du président sud-coréen avec Donald Trump.

Cette annonce intervient peu après une mise en garde lancée par Pyongyang, doté de l'arme nucléaire, contre le risque d'une confrontation "incontrôlable" à la suite de tirs de sommation mardi de l'armée sud-coréenne en réponse à une brève incursion des troupes de Pyongyang.

L'incident frontalier a été révélé par la Corée du Nord au premier jour d'un déplacement à l'étranger, à Tokyo puis à Washington, du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung, qui tente de renouer le dialogue entre son pays et son voisin, toujours techniquement en guerre.

Les tirs d'essai, qui ont eu lieu samedi, ont démontré que ces nouveaux systèmes antimissile nord-coréens avaient une "capacité de combat supérieure", a rapporté KCNA, précisant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un les avait supervisés.

Des leçons tirées de la guerre en Ukraine

Aucun détail n'a été donné sur les nouveaux missiles tirés, à part le fait que leur "mode de fonctionnement et de réaction repose sur une technologie unique et spéciale".

"Le tir a notamment prouvé que les caractéristiques technologiques de deux types de projectiles sont tout à fait appropriées à la destruction de cibles aériennes diverses", a ajouté KCNA, sans préciser où ces tests avaient été menés.

Plusieurs photos de KCNA montrent des missiles de défense aérienne dans le ciel et l'éclat d'une interception, et le président Kim est photographié en train d'écouter un responsable militaire nord-coréen, avec une paire de jumelles posée sur son bureau.

"La Corée du Nord renforce ses missiles de défense aérienne contre les drones volant à basse altitude et les missiles de croisière", explique Hong Min, analyste à l'Institut coréen pour l'unification nationale, qui estime que cela témoigne de "la prise de conscience par Pyongyang de la nécessité de renforcer ses capacités (...) sur la base des leçons tirées des combats contre les Ukrainiens".

Selon des services de renseignement sud-coréens et occidentaux, la Corée du Nord avait envoyé plus de 10 000 soldats en Russie pour appuyer son invasion à grande échelle de l'Ukraine, ainsi que des obus d'artillerie, des missiles et des systèmes de roquettes à longue portée.

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Brève incursion nord-coréenne

La Corée du Nord a annoncé ces essais après avoir accusé samedi Séoul de plus de dix tirs de sommation en direction de soldats nord-coréens qui avaient effectué mardi une brève incursion au Sud, dans la Zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux pays. Confirmant l'incident, l'armée du Sud a précisé surveiller "de près les mouvements des troupes nord-coréennes".

Le commandement de l'ONU a estimé le nombre de soldats ayant traversé la frontière à 30, a indiqué dimanche l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Les deux Corées restent techniquement en guerre depuis plus de sept décennies, le conflit qui les a opposées de 1950 à 1953 s'étant achevé par un armistice, et non par un traité de paix.

Les relations entre Pyongyang et Séoul sont au plus bas depuis plusieurs années, après que le Nord a lancé une série de missiles balistiques en violation des sanctions de l'ONU l'an dernier. Mais la tonalité a changé, côté sud-coréen, depuis l'élection début juin de Lee Jae-myung au terme de la longue période de chaos politique provoquée par son prédécesseur Yoon Suk-yeol, qui avait brièvement déclaré la loi martiale en décembre.

Le nouveau dirigeant s'est dit prêt à un dialogue sans condition préalable avec Pyongyang, qui a rejeté pour l'instant ses appels au rapprochement. Il sera reçu lundi à la Maison Blanche par Donald Trump qui, lors de son premier mandat, avait rencontré à trois reprises Kim Jong-un, sans avancée majeure : Pyongyang n'a jamais fléchi dans sa volonté de développer ses programmes nucléaire et balistique militaires.

Environ 28 500 soldats américains sont déployés en Corée du Sud pour l'aider à se protéger de la Corée du Nord. Les deux pays ont entamé le 18 août des exercices militaire conjoints qui doivent s'achever jeudi.

Avec AFP