La directrice de cabinet de François de Rugy va démissionner, après les révélations de Mediapart sur son logement HLM. Le ministre est par ailleurs empêtré dans un scandale de dîners fastueux servis lorsqu’il était président de l’Assemblée.
C’est la première tête à tomber après les révélations de Mediapart sur François de Rugy. Sa directrice de cabinet va quitter ses fonctions à la demande du ministre de la Transition écologique, après la publication par le site d’investigation d'un article sur son logement HLM, a-t-elle annoncé jeudi 11 juillet dans Ouest-France.
"C'est François de Rugy qui souhaite expressément que je parte", a déclaré Nicole Klein à Ouest-France mercredi soir, ajoutant que ce n'était pas son souhait.
Le cabinet du ministre a confirmé ce départ jeudi matin à l'AFP, sans plus de précisions.
Mediapart a publié dans la soirée de mercredi des informations concernant un logement HLM à Paris occupé par Nicole Klein depuis 2001 et conservé de 2006 à 2018, alors qu'elle ne travaillait plus dans la capitale.
"Négligence"
L'ancienne préfète des Pays de la Loire fait valoir dans Ouest-France qu'elle y logeait régulièrement quand elle "revenait à Paris le week-end", mais reconnaît avoir agi ainsi "par facilité et négligence".
Mediapart avait déjà mis en cause mercredi matin François de Rugy lui-même pour l'organisation de réceptions fastueuses alors qu'il présidait l'Assemblée nationale, réceptions qualifiées de dîners privés par le journal en ligne, mais qui faisaient partie, selon le ministre, de son "travail de représentation".
Le site d’investigations a par ailleurs révélé jeudi que le ministre et sa femme ont fait réaliser plus de 63 000 euros de travaux, payés par le contribuable, dans les appartements privés du ministère.
François de Rugy a publié dans la nuit de mercredi à jeudi sur son compte Facebook "l'intégralité des éléments de réponse" apportés lundi soir à Mediapart.
"Source malveillante et anonyme"
"Je le réaffirme enfin avec force, face aux attaques qui me sont faites, je n'aurai qu'une seule défense : les faits présentés en toute transparence. Le reste n'est qu'insinuations alimentées par une source anonyme et malveillante", explique François de Rugy à la fin de son message.
Les oppositions de droite et de gauche ont dénoncé ces pratiques.
Le sénateur Bruno Retailleau (LR) a ainsi estimé jeudi matin sur Sud Radio que si les dîners organisés par François de Rugy à l'Assemblée nationale étaient d'"ordre privé", c'était "une forme de privatisation" des moyens de la République, ce qu'il a jugé "scandaleux".
La veille, l'ancienne ministre de l'Écologie et présidente de Génération Écologie, Delphine Batho, a déclaré à Reuters qu'elle réclamait la démission de François de Rugy.
Le député La France insoumise (LFI), Adrien Quatennens, a pour sa part "remercié", sur son compte Twitter, "l’écologiste de châteaux pour les conseils de vertu et d’exemplarité qu’il nous a conférés comme Président de l’Assemblée."
Je remercie l’écologiste de châteaux pour les conseils de vertu et d’exemplarité qu’il nous a conférés comme Président de l’Assemblée. Pendant qu’il mangeait du gros homard arrosé de bon vin, je m’employais à scanner mes tickets de caisse de la pizzeria d’en face. #DeRugy pic.twitter.com/0fH5R9PIAe
Adrien Quatennens (@AQuatennens) 10 juillet 2019Le délégué général de LREM, Stanislas Guerini, a estimé jeudi que la déontologue de l'Assemblée nationale devra se pencher sur ces questions : "Il y a une déontologue à l'Assemblée nationale ; à elle de regarder les choses", a-t-il réagi sur France 2.
François de Rugy semble pour l’heure conserver le soutien de l’exécutif. La porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a ainsi assuré mercredi que François de Rugy conservait "bien évidemment la confiance" du président et du Premier ministre.
Avec AFP et Reuters