
L’Égypte, sept fois vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations, est considérée comme l’équipe à battre alors que l’édition 2019 débute vendredi. Un statut en grande partie dû à la présence dans ses rangs de son talisman, Mohamed Salah.
En confirmant avec un formidable aplomb l’étendue de son potentiel, jusque-là latent, au cours de la saison 2017-18 de Premier League (il a inscrit un total record de 32 buts lors de sa première saison sous les couleurs de Liverpool), l’Égyptien Mohamed Salah a été reconnu comme l'un des joueurs les plus doués du football actuel. Cependant, il n'a pas réussi à rééditer ses exploits avec l'Égypte pendant le Mondial-2018 organisé en Russie.
La faute à une blessure à l'épaule contractée après une vilaine faute de Sergio Ramos, le capitaine du Real Madrid, en finale de la Ligue des champions en mai 2018, qui l’a empêché d’être totalement rétabli avant le début de la Coupe du monde. Privés de leur attaquant emblématique, les Pharaons ont pris la porte dès la phase de groupes.
C’est un autre scénario qui se profile pour la CAN-2019, durant laquelle l’attaquant semble bien parti pour faire étalage de son génie. Après une deuxième saison époustouflante avec Liverpool, récent vainqueur de la Ligue des champions, Mohamed Salah, 27 ans, est devenu le recordman du nombre de buts marqués (69 réalisations) lors de ses 100 premiers matches pour les Reds. D’autant plus que l’Égypte, le pays hôte, a les plus grandes chances de s’adjuger le titre, selon la célèbre société de bookmakers britanniques William Hill.
Une menace protéiforme pour les adversaires
L’attaquant des Reds a donné un aperçu des performances renversantes qu’il pourrait livrer lors de la grand-messe du football africain, à l'occasion d’un match amical contre la Guinée le 17 juin, en quittant le banc des remplaçants en deuxième période pour faire basculer la partie. Il a notamment signé deux passes décisives à Ahmed Ali et Omar Gaber, dont les buts ont offert la victoire aux Pharaons (3-1).
L’altruisme affiché par le magicien égyptien lors de ce match a rappelé au monde du football qu'il était une menace protéiforme pour les défenseurs adverses, combinant une précision clinique dans la surface de réparation, et une redoutable créativité lorsqu’il est plus en retrait, pour servir des coéquipiers mieux placés.
Toutefois, Mohamed Salah n'est pas le seul atout des Pharaons. L’Égypte, en tant que pays organisateur de la CAN, dispose d’un avantage considérable, comme l’a laissé entendre le sélectionneur du Zimbabwe, la première nation qui affrontera les locaux lors du match d’ouverture du tournoi, vendredi.
"Nous savons que ce ne sera pas un match facile, nous jouons contre l'équipe qui reçoit, le stade sera plein, et l'Égypte est l'une des meilleures équipes d'Afrique", a déclaré Sunday Chidzambwa, affirmant par ailleurs que les Pharaons étaient favoris.
En effet, les bouillants supporters égyptiens ne vont pas seulement encourager le prolifique Mohamed Salah. Bien que l’icône de Liverpool soit le seul joueur du cru à avoir acquis une renommée internationale, les Pharaons comptent en effet une variété d’autres talents moins connus.
Motivé comme jamais
Parmi ceux-ci, un autre joueur de Premier League, Mohamed Elneny, solide milieu défensif d’Arsenal depuis 2016, est peut-être le plus remarquable d'entre eux. Joueur de devoir, il a su se montrer très précieux à la récupération et dans le cœur de la bataille du milieu, au moment où le club londonien traversait une délicate période de transition.
La sélection égyptienne s’appuie également sur des piliers tels que le capitaine Ahmed Elmohamady. L'ingénieux arrière-droit n’est peut-être pas aussi flamboyant que Mohamed Salah, mais il apporte une certaine expérience aux Pharaons. En plus d’une carrière qui l’aura mené à défendre les couleurs de plusieurs clubs anglais, comme Sunderland, Hull City et actuellement Aston Villa, Ahmed Elmohamady comptabilise un nombre impressionnant de sélections pour l'Égypte (83 depuis 2010) et a été un élément clé de sa course à la qualification pour la Coupe du monde 2018.
Le sélectionneur des Pharaons, Javier Aguirre semble de son côté l’homme de la situation pour pousser ses joueurs à se dépasser. Dans les années 2000, le technicien mexicain avait été salué pour avoir amené deux clubs de second rang de la Liga espagnole vers la lumière. Recruté pour sauver le Club Atlético Osasuna de la relégation lors de la saison 2002-2003, il avait non seulement réussi sa mission en l’éloignant de la zone rouge, mais l’avait hissé jusqu’en finale de la Coupe du roi en 2005. Il avait ensuite pris les rênes d’un club espagnol bien plus illustre, l'Atlético Madrid, qu’il avait qualifié pour la première fois, en 14 ans, en Ligue des champions, au terme de la saison 2007-2008.
Une chose est sûre, Javier Aguirre n’aura pas à s’inquiéter de la motivation de l’attaquant phare de sa sélection, qui a montré sa détermination à passer un été 2019 glorieux après ses déboires estivaux de 2018.