
Le football, vecteur de démocratie en Afrique ? C'est ce que pense en tout cas la FIFA et la Fondation AFP qui ont mis en place des cours pour les journalistes africains qui couvriront la Coupe du monde de football en 2010 en Afrique du Sud.
D'ici le coup d'envoi de la Coupe du Monde 2010 organisée en Afrique du Sud, 300 reporters sportifs des 53 pays du continent africain pourront participer à des cours de formation en journalisme afin de couvrir l’événement. Une initiative lancée par la FIFA, la Fédération internationale de football.
Seuls entre quatre et six journalistes par pays, jouissant de trois à quatre ans d'expérience professionnelle, seront sélectionnés par chaque fédération nationale. D'ici à la fin de l'année, Joseph Blatter, le président de la FIFA, devrait délivrer la liste définitive des médias sélectionnés.
"Broadcast Academy"
"C'est la première fois que la Fondation AFP (Agence France-Presse) organise des formations uniquement destinées à la couverture du sport", reconnaît Robert Holloway, le directeur de la Fondation.
Inauguré en juillet 2007, l'organisme à but non-lucratif créé par l'AFP organisera deux cours de formation d'une semaine pour les professionnels de la presse et de la photo. Les cours auront lieu dans huit grandes villes africaines francophones, arabophones, anglophones et lusophones pour les besoins des diverses langues officielles du continent.
"Ces cours permettront de renforcer leurs compétences et de leur enseigner les dernières évolutions technologiques. 15 % de la formation seront également dédiés à l'éthique et à la déontologie journalistique. Il s’agissait d’un souhait du Fond au développement européen, qui cofinance le projet", explique Robert Holloway.
Concernant l'audiovisuel, la FIFA et l'Union africaine des diffuseurs (AUB) ont lancé le 30 octobre dernier, à Cotonou, au Bénin, la "Broadcast Academy".
Le modèle est le même, mais l'échelle est beaucoup plus importante. Près de 3 000 professionnels de la radio et de la télé seront invités à participer à des séminaires appelés "Semaine de l'héritage de la retransmission de la FIFA".
"Une initiative qui doit s'inscrire dans la durée"
Norbert Ouendji est un journaliste consultant camerounais. Ancien rédacteur en chef adjoint au Messager, il est au coeur d'un projet qui devrait déboucher sur la mise sur pied d'un réseau international d'appui à la formation et de développement des médias des pays du Sud, Médiafrères. Pour lui, l'initiative de la FIFA est importante car il y a un désir de s'inscrire dans la durée.
"Ceux qui vont en bénéficier ont un rôle capital à jouer dans la transmission des enseignements reçus à leurs collègues et, surtout, aux générations futures. Des associations africaines solidement structurées pourraient être mises à contribution dans la prise en charge de ce volet, souligne Norbert Ouendji. Mais les conditions précaires dans lesquelles évoluent les journalistes africains (pas de contrat, pas de perspective et plusieurs mois d'arriérés de salaires) ne tiennent pas seulement à un manque de moyens."
"Il ne suffit pas de donner des subventions aux journaux, il faut apprendre aux directeurs de publication à ne pas confondre les biens de l'entreprise et les caisses de la société avec ceux de leur famille ou de leurs propres poches", conclut le journaliste camerounais.