
Au menu de cette revue de presse française, les divisions autour d'une Europe à deux vitesses, "impuissante à surmonter le choc du Brexit" mais qui reste un rempart contre le déni de démocratie en Turquie, où 130 000 fonctionnaires et 30 000 universitaires ont été limogés par décret ces derniers mois. Dans la course à la présidentielle, Marine Le Pen reste populaire malgré son refus de se rendre à la convocation des juges. Benoît Hamon, lui, "a dix jours pour redresser la courbe".
Dans deux semaines, l’Europe soufflera ses 60 bougies. L’occasion pour la presse française de s’interroger sur l’avenir du projet européen. Lundi, les dirigeants français, italiens, espagnols et allemands ont plébiscité l’idée d’une Europe à deux vitesses. En attendant, Le Figaro estime en une que "l’Europe est impuissante à surmonter le choc du Brexit". Pour le quotidien, le retour d’une Europe à géométrie variable, "c’est presque une vieille ficelle, le signal du désarroi au sommet et de l’absence d’idées neuves". L’Opinion ose "un gros mot" dans son édito. Selon le journal libéral, le salut de l’Europe viendra d’une "fédération d’États-Nations", idée chère à Jacques Chirac et à Jacques Delors.
L’Europe reste cependant, pour certains, un rempart face aux atteintes portées aux valeurs démocratiques, notamment en Turquie. Dans Libération, des universitaires français demandent à l’Europe de créer une institution universitaire européenne permettant à tous les enseignants-chercheurs limogés dans le monde pour délit d’opinion ou appartenance à une minorité d’y être affilés. Le suicide d’un assistant chercheur en Turquie a accéléré cette prise de conscience dans un pays où 130 000 fonctionnaires et 30 000 universitaires ont été privés de travail par décret ces derniers mois.
Un gouvernement turc qui limoge ses fonctionnaires, mais qui est prêt à accorder la nationalité à des dizaines de milliers de réfugiés syriens arrivés sur son sol. Le Figaro raconte cette polémique qui enfle en Turquie. Là-bas, une majorité de l’opinion ainsi que l’opposition rejettent ces naturalisations et réclament un référendum sur la question.
Le Parisien titre pour sa part sur les ennuis judiciaires de la présidente du Front national. Pour le quotidien, Marine Le Pen annonçant qu'elle ne se rendra pas à la convocation des juges, c’est « faites ce que je dis pas ce que je fais ». Le journal rappelle que son parti n’a eu de cesse de donner des leçons de probité aux autres partis et de dénoncer les dérives supposées de la classe politique. "Tête haute et mains propres" : c’était l'un slogan du FN dans les années 90 ! Une candidate de l’extrême droite dont le discours séduit de plus en plus d’ouvriers, constate l’Opinion, pour qui "les syndicats sont à la rue". Des organisations "déboussolées, gênées par les ambiguïtés de Macron et remontées aussi par le revenu universel de Benoît Hamon".
Le candidat socialiste à la présidentielle a quant à lui "dix jours pour redresser la courbe" avant le grand débat télévisé entre les candidats, résume Libération. D'ici là, il doit "remobiliser les voix de gauche tentées par Emmanuel Macron". Il devrait avoir un peu plus de place dans les médias ces prochains jours, car il souffre d’un déficit de temps de parole si l’on en croit les chiffres du Conseil supérieur de l’audiovisuel … À son compteur, rapporte le Figaro, il n'a que 122 heures contre 265 pour François Fillon, jusqu'ici au cœur de l’actualité à cause de l’affaire Pénélope…