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La présidente Cristina Kirchner pourrait bien avoir perdu le contrôle du Congrès à l'occasion des élections législatives de mi-mandat en Argentine, selon des sondages sortie des urnes et les premiers résultats diffusés dimanche soir.
AFP - La présidente argentine Cristina Kirchner sortait affaiblie dimanche des élections législatives de mi-mandat, son parti perdant des sièges dans les deux chambres du Congrès et essuyant une défaite dans les cinq principales circonscriptions, selon les premiers résultats officiels.
Le parti de Mme Kirchner et de son mari l'ancien chef d'Etat Nestor Kirchner (2003-2007) perdait dans la capitale, ainsi que dans les quatre principales provinces du pays : Buenos Aires, Santa Fe, Cordoba et Mendoza, tout en demeurant la force la plus votée.
Ces premiers résultats officiels, qui tiennent compte d'une partie seulement des bureaux de vote (entre 1,5% et 21,7% selon les cas), confirment que le parti au pouvoir perd des sièges dans les deux chambres.
La présidente et son mari l'ancien chef d'Etat Nestor Kirchner (2003-2007) risquent ainsi de perdre, pour la première fois depuis leur arrivée au pouvoir, le contrôle du Congrès.
"Il y a un message des urnes : le cap doit changer", a déclaré le politologue Rosendo Fraga, de l'institut Nouvelle Majorité. "Le parti au pouvoir risque de perdre sa majorité à la Chambre des députés, avec six sièges en moins pour la seule province de Buenos Aires" où votent 40% des électeurs, a-t-il dit.
Pour Doris Capurro, de l'institut Ibarometro, "le parti au pouvoir perd des sièges et des voix : il avait obtenu un score de 38,7% aux législatives de 2005 contre 35% aujourd'hui. Mais il garde une majorité relative, même affaibli".
L'opposition représente 70% de l'électorat contre 30% pour le parti au pouvoir, mais elle est éclatée entre péronistes de droite déçus du kirchnérisme, sociaux-démocrates, socialistes et partis minoritaires de gauche.
Le parti au pouvoir va devoir bâtir des nouvelles alliances pour gouverner, selon les analystes.
Les Argentins ont voté, souvent munis de masques de protection contre la grippe A (H1N1) qui a déjà fait 26 morts dans le pays, pour renouveler la moitié des sièges de la Chambre des députés et un tiers de ceux du Sénat.
M. Kirchner était donné perdant de justesse face à son principal rival, Francisco De Narvaez qui incarne le retour au sein du parti péroniste des idées néo-libérales de l'ancien président Carlos Menem (1989-1999).
Or, M. Kirchner doit l'emporter dans la périphérie de Buenos Aires (centre-est), où votent 40% des électeurs, pour pouvoir relativiser une défaite qui semble certaine au Congrès. Bien qu'originaire de Patagonie (extrême sud), il comptait sur les banlieues pauvres de la capitale pour faire la différence.
M. Kirchner savait que dans les principales villes (Buenos Aires, toujours antipéroniste, Rosario et Cordoba, liées au monde rural) et dans les campagnes, son camp serait en difficulté.
De leur côté, les agriculteurs semblaient satisfaits d'avoir fait payer à Mme Kirchner son conflit avec le monde rural. La décision du gouvernement d'augmenter brutalement de 25% la taxe à l'exportation du soja, principale richesse du pays, avait paralysé le pays pendant six mois l'an dernier.
Ce conflit a durement entamé le prestige de la présidente, dont le taux de popularité est passé de 55% à moins de 30%.
"Nous obtenons dix sièges", a dit Mario Llambias, l'un des dirigeants du monde rural. "Je suis enthousiaste car nous allons pouvoir chercher un consensus au Congrès", a-t-il dit.
Pour la première fois, les Kirchner étaient arrivés aux élections dans un contexte économique défavorable. L'Argentine est entrée en récession selon les économistes, qui contestent les chiffres du gouvernement.