
Khvicha Kvaratskhelia, joueur du Paris Saint-Germain, brandit le trophée et célèbre la victoire en Ligue des champions de l'UEFA avec ses joueurs et son staff, le 30 mai à Budapest. © Phil Noble, Reuters
Sur la pelouse de la Puskas Arena de Budapest, Khvicha Kvaratskhelia a fêté, samedi 30 mai, la deuxième étoile européenne du PSG à sa façon. Sous les yeux de son entraîneur et devant le trophée de la Ligue des champions, il a attiré l'attention des caméras en reproduisant sa pose devenue emblématique. La main droite posée sur son bras gauche, il a formé la lettre K en pointant ses veines. Une célébration inspirée de celle du basketteur américain D'Angelo Russell et évoquant le sang-froid dans ses veines.
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Accepter Gérer mes choixÀ 25 ans, l'ailier géorgien du club parisien peut se permettre cette extravagance. Désigné meilleur joueur de la Ligue des champions 2025/2026 par un panel d'experts de l'UEFA, Kvaratskhelia, qui succède au palmarès à son coéquipier français Ousmane Dembélé, a été l'un des grands artisans de la nouvelle victoire du PSG avec 10 buts inscrits cette saison. Le joueur s'est également fendu de six passes décisives au cours de la compétition.
"Kvara", a provoqué le penalty égalisateur du PSG en finale face à Arsenal samedi (1-1 a.p., 4 t.a.b à 3), transformé par Dembélé. Dans le stade bouillant de Budapest, il a même failli marquer. Lancé en contre-attaque à la 77e minute, sa frappe, déviée par Myles Lewis-Skelly, a terminé sur le poteau des buts londoniens.
Sorti six minutes plus tard, il n'a pas participé à la séance de tirs au but, mais n'a cessé de soutenir ses coéquipiers jusqu'à la délivrance. "C'est un sentiment fantastique. J'étais tellement fatigué mais au coup de sifflet final, j'ai trouvé les ressources et je suis parvenu à sprinter ! On l'a fait, merci, aux supporters, au club, au coach, à mes coéquipiers. Nous sommes tellement fiers ce soir. Il faut continuer dans cette direction. On devra encore essayer de gagner la saison prochaine", a-t-il raconté au site du PSG.
Le joueur s'était déjà distingué lors de la demi-finale aller contre le Bayern Munich en s'offrant un doublé au Parc des Princes (5-4). Il avait réussi la même performance en 8e de finale aller pour terrasser Chelsea (5-2) avant d'inscrire un but à Stamford Bridge au retour (3-0) et un autre à Anfield face à Liverpool en quarts de finale retour (2-0).
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Accepter Gérer mes choix"Kvaradona"
Arrivé en janvier 2025 à Paris en provenance de Naples, Kvaratskhelia n'a pas tardé à devenir un rouage essentiel de l'équipe de Luis Enrique, prenant une part active sur son côté gauche fétiche à la conquête du premier titre européen du PSG. Il avait marqué l'un des cinq buts parisiens en finale de la C1 2025 face à l'Inter Milan à Munich.
Que ce soit à l'entraînement ou en match, le Géorgien impressionne, notamment quand il tente sa "spéciale", qu'il travaille beaucoup : partir dans son couloir, accélérer vers l'axe et enchaîner d'une frappe puissante et précise. Mais l'ex-joueur du Napoli où les supporters l'appelaient "Kvaradona" est aussi capable d'autres gestes virtuoses, dont ce festival de dribbles dans la surface contre les Reds. Et "Kvara", chaussettes basses qui découvrent ses mollets puissants, est toujours aussi hargneux dans ses retours défensifs et ses courses.
Le Géorgien n'a pas seulement confirmé la réputation flatteuse qu'il avait à Naples où il a remporté à deux reprises la Serie A, il s'est surtout propulsé en 2026 parmi les trois ou quatre meilleurs joueurs de la planète.
"Chaque fois que j'entre sur le terrain, je veux ressentir l'émotion de marquer (...) je suis un homme fier", a confié récemment Kvaratskhelia dans un entretien à l'UEFA. Mais le Géorgien a aussi conscience qu'il doit s'équilibrer: "Au début (de ma carrière), j'étais un joueur davantage individualiste que d'équipe, mais j'ai réalisé que sans l'équipe, on n'est rien".
En effet, lui et Dembélé ont en commun une qualité précieuse, dixit leur entraîneur Luis Enrique : "défendre quel que soit le moment du match". Une preuve d'humilité pour un attaquant, et l'une des raisons qui font de ce PSG un grand d'Europe.
Il "dormait avec son ballon"
Dur au mal, l'international géorgien a tenu à jouer la finale de la Ligue des champions malgré une blessure. "Deux jours avant la finale, je me suis fait mal à l'entraînement sur une chute. J'ai eu une blessure à la main, à la jambe aussi. Les Géorgiens, nous sommes des guerriers, ce n'était pas un gros problème", a-t-il expliqué.
Cette mentalité de champion a été forgée par son père Badri Kvaratskhelia, lui aussi ancien attaquant passé par le championnat et la sélection nationale d'Azerbaïdjan. "Le jardin faisait office de stade de foot", avait-il raconté au journal l'Équipe en parlant de leur maison de famille à Nakipou dans l'est de la Géorgie. "Il adorait ce sport depuis son enfance, dormait avec son ballon, rêvait d'exploits", a aussi confié sa mère Ekaterina.
Le jeune garçon débute sa formation vers sept-huit ans et se distingue rapidement. "Il était très technique, rapide, n'avait peur de rien, ne se décourageait jamais à la perte de la balle", a également décrit à l'Équipe Teimuraz Ougrekhelidze, le scout qui l'a repéré.
Dix ans plus tard, il fait ses débuts professionnels au Dinamo Tbilissi. Il passe ensuite par le FC Roustavi, toujours en Géorgie, le Lokomotiv Moscou, le Rubin Kazan, puis rompt son contrat en Russie en mars 2022 à cause de l'invasion de l'Ukraine par la Russie et termine la saison avec le club géorgien du Dinamo Batoumi. Il rejoint alors le SSC Napoli où il confirme les espoirs placés en lui, avant d'exploser au PSG.
Le nouveau roi de Géorgie
Depuis, Kvaratskhelia est devenu l'idole de tout un pays. "Je suis heureux d’être Géorgien et de pouvoir apporter cette joie au pays avec ma petite contribution", a-t-il décrit au site de l'UEFA. "Je suis très fier d’être Géorgien parce que c’est notre mentalité de nous battre. Ce n’est pas facile pour moi de sortir en public en Géorgie parce qu’ils aiment tellement le football, mais j’adore vraiment retourner dans mon pays. J’essaie d’y retourner dès que je le peux".
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Accepter Gérer mes choixMalheureusement, le joueur parisien ne va pas pouvoir faire briller son pays lors du Mondial 2026. Après un Euro 2024 très réussi, la Géorgie de Willy Sagnol n'a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde organisée aux États-Unis, au Mexique et au Canada.
Cette absence au Mondial pourrait être préjudiciable à Kvaratskhelia dans la course au Ballon d'Or où il est un candidat très crédible. Même s'il a été dominant en Ligue des champions, il lui manquera des exploits en sélection. Aucun joueur n’a en effet remporté le Ballon d’Or sans avoir disputé la Coupe du monde.
Avec AFP
