logo

Alep-Est : l’ONU estime insuffisantes les conditions de sécurité pour évacuer les blessés

Au deuxième jour d'une pause "humanitaire" à Alep, décidée par Moscou, l'ONU a estimé, vendredi, que les conditions de sécurité pour évacuer les civils n'étaient pas satisfaisantes, alors que l'armée russe a confirmé une prolongation de la trêve.

Pour l’ONU, les "assurances concernant les conditions de sécurité" ne sont pas remplies à Alep pour permettre l’évacuation de blessés des quartiers de l'opposition. Alors que la sortie des premiers blessés était prévue vendredi 21 octobre, les Nations unies ont prévenu qu’elle n’aurait pas lieu.

Selon le bureau de coordination des Affaires humanitaire de l'ONU (Ocha), le personnel d'aide d'urgence n'a pas pu, jusqu'à maintenant, se rendre sur le terrain malgré la trêve humanitaire en vigueur depuis deux jours.

Accusés par les Occidentaux de commettre des "crimes de guerre" à Alep-Est, le régime du président Bachar al-Assad et son allié russe ont suspendu depuis mardi les bombardements meurtriers lancés le 22 septembre sur les quartiers est de la deuxième ville de Syrie et qui ont tué des centaines de civils.

Vendredi, l'armée russe a confirmé, lors d'une conférence de presse, que la trêve était prolongée "une nouvelle fois de 24 heures jusqu'à samedi soir afin de permettre aux civils et aux combattants de quitter les quartiers rebelles assiégés."

"À la demande du représentant de l'ONU et d'autres organisations internationales, le président russe a pris la décision de prolonger la pause humanitaire dans la région d'Alep de 24 heures, de 08h00 jusqu'à 19h00 (locales) le 22 octobre", soit de 05h00 à 16h00 GMT, a déclaré le général Sergueï Roudskoï, un haut responsable de l'état-major russe.

D'après l'officier,  l'armée russe a créé "les conditions nécessaires" pour l'évacuation des civils, assurant qu'un demi-million de tracts explicatifs ont été largués sur Alep.

Aucun passage enregistré

Au total, selon l'ONU, 200 personnes blessées et malades ont besoin d'être évacuées de toute urgence des quartiers rebelles d'Alep, où vivent quelque 250 000 habitants. En outre, les huit couloirs (six pour les civils, malades et blessés, et deux pour le retrait de rebelles armés) établis par l’armée russe étaient déserts vendredi matin.

"Il n'y a aucun mouvement sur les couloirs dans les quartiers est. Jusqu'à maintenant, on a enregistré aucun passage parmi les habitants ou les combattants", a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, qui rapporte des accrochages sur la ligne de front dans la vieille ville d'Alep et dans le quartier d'al-Zahra.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait accusé jeudi les rebelles syriens de "violer le cessez-le feu" et "d'empêcher l'évacuation de la population".

Ancienne capitale économique de Syrie, Alep est devenue l'un des symboles de la guerre qui déchire la Syrie depuis mars 2011 et qui a fait plus de 300 000 morts.

Le régime syrien et son allié russe affirmaient bombarder les quartiers est pour éliminer les "terroristes", principalement les jihadistes du Front Fateh al-Cham (ex-Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda).

Malgré le répit sur le terrain, le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a exprimé sa préoccupation qu'un porte-avions russe, actuellement au large des côtes britanniques, puisse se joindre à des attaques sur la ville septentrionale.

De son côté, l'armée syrienne a dénoncé "l'agression flagrante" de la Turquie après les bombardements menés jeudi au nord d'Alep contre des milices kurdes, menaçant de "confronter avec tous les moyens disponibles" toute tentative de l'aviation turque "de violer à nouveau l'espace aérien syrien".

Avec AFP
 

Tags: Syrie, Alep, ONU,