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Bachar al-Assad et l’opposition syrienne s’accusent mutuellement de violer la trêve

Un nouveau cycle de négociations sur la paix en Syrie s'ouvrira le 9 mars, a annoncé mardi l'émissaire de l'Onu. Dans le même temps, Bachar Al-Assad et l’opposition syrienne s’accusent mutuellement de violer la trêve.

L'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura a annoncé le mardi 1er mars qu'un nouveau cycle de négociations sur la paix en Syrie s'ouvrira le 9 mars, tandis que le président syrien Bachar Al-Assad et l’opposition syrienne s’accusaient mutuellement de violer la fragile trêve instaurée le 26 février.

Staffan de Mistura entendait initialement reprendre les pourparlers le 7 mars, mais cette date a été repoussée pour des raisons logistiques, et pour vérifier que la trêve se prolonge dans le temps.

Depuis son entrée en vigueur samedi, celle-ci est globalement respectée, même si le gouvernement et l'opposition s'accusent mutuellement de la violer régulièrement.

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"Nous ne voulons pas que les discussions de Genève portent sur la violation ou non du cessez-le-feu, nous voulons qu'elles répondent au cœur du problème."

"Nous analyserons donc au cours des prochains jours comment évolue le cessez-le-feu, et comment évolue l'accès à l'aide humanitaire, pour que ces sujets ne deviennent pas les otages des discussions et pour que les discussions ne deviennent pas l'otage de ces sujets", a-t-il indiqué.

De son côté, le Haut Comité des négociations (HCN), représentant l'opposition syrienne, a indiqué n’avoir pas été informé de ce nouveau cycle de négociations. Le HCN a jugé qu'aucune discussion sérieuse ne pouvait avoir lieu tant que des villes seront assiégées et que les prisonniers politiques n'auront pas été libérés, a déclaré mardi l'un de ses membres, Ria Naassan Agha.

Les clauses humanitaires ne sont pas respectées selon l'opposition

Selon lui, les clauses humanitaires de la résolution 2254 des Nations-Unies, dont l'opposition exige la mise en œuvre pour reprendre les discussions, ne sont toujours pas respectées.

"Quelque chose doit être accompli sur le terrain, concernant la mise en œuvre de la résolution du Conseil de sécurité pour que les négociations débutent sérieusement. Et, jusqu'ici, il semble que rien n'indique qu'elle soit bien appliquée", a-t-il déclaré à Reuters lors d'un entretien téléphonique.

Jugeant Staffan de Mistura trop "pressé", Riad Nassan Agha a par ailleurs accusé les forces gouvernementales de violer la trêve.

"Lueur d'espoir"

Le président syrien Bachar al-Assad a quant à lui affirmé que l'accord de cessation des hostilités entré en vigueur ce week-end en Syrie apportait une "lueur d'espoir" dans le conflit, dans une interview à la chaîne de télévision allemande ARD.

"Nous remplirons notre part pour faire en sorte que tout cela fonctionne", délare-t-il dans un extrait de cette interview diffusée mardi par la chaîne allemande.

Mais Assad accuse également l'opposition d'avoir violé les dispositions de cet accord. Son allié russe a réclamé mardi la fermeture de la frontière turque par laquelle transiteraient selon lui des armes cachées dans des convois d'aide humanitaire.

Côté américain, la Syrie et la Russie sont pointées du doigt. Moscou et Damas utilisent délibérément le flot des réfugiés syriens comme une arme pour déstabiliser l'Europe, a ainsi accusé le chef des forces de l'Otan en Europe, le général Philip Breedlove.

"Ensemble, la Russie et le régime de Bachar al-Assad utilisent délibérément la migration comme une arme, pour essayer de submerger les structures européennes et casser la détermination européenne", a-t-il estimé mardi devant la commission des forces armées du Sénat américain.

Le général américain a assuré que Damas utilisait des barils d'explosifs largués par hélicoptère, et Moscou les bombes non guidées dans le but de pousser des Syriens hors des frontières du pays.

Avec AFP et Reuters