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En images : la "marée du siècle" rassemble des milliers de curieux sur les côtes françaises

Avec un coefficient annoncé de 119 sur un maximum de 120, la "marée du siècle" a déjà rassemblé des milliers de curieux dès vendredi soir sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique. Un phénomène rare qui ne se produit que tous les 18 ans.

C’est une marée inédite, une "marée du siècle" comme on l’appelle. Une mer qui se retire à perte de vue, avant de remonter très vite et très haut, un phénomène spectaculaire lié à l'horlogerie céleste qui devrait attirer des milliers de curieux samedi 21 mars sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique.

Cette marée, qui se produit en réalité tous les 18 ans environ, a déjà rassemblé aux alentours de 10 000 personnes vendredi soir au Mont-Saint-Michel. La dernière "marée du siècle" s'était produite le 10 mars 1997 et la prochaine aura lieu le 3 mars 2033. Celle de samedi est donc bien pour l'heure la plus forte marée du XXIe siècle.

Classé au patrimoine mondial par l'Unesco, le Mont-Saint-Michel redeviendra  une île samedi, d'abord lors de la pleine mer à 7 h 45, puis de nouveau à 20 h 07, avec un coefficient de marée de 119, soit le plus haut jamais constaté, selon le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM), basé à Brest.

La marée humaine ce matin à 7H30! #maréedusiècle @VilleSaintMalo #SaintMalo http://t.co/59J4A3RlCi pic.twitter.com/yiVBp7aXi6

— Easy Ride (@easyridevideos) 21 Mars 2015

Un spectacle féerique

Le marnage (écart maximal entre la basse et la pleine mer) a commencé à tutoyer les 14 mètres, soit plus qu'un immeuble de quatre étages. "On a un petit anticyclone actuellement, ce qui fait que le niveau de la mer va être un peu moins haut que prédit, de l'ordre de quelques centimètres", a cependant précisé à l'AFP Nicolas Pouvreau, spécialiste des marées au SHOM.

La pleine mer de vendredi soir a ainsi épargné un isthme de quelques mètres de largeur aux pieds du Mont-Saint-Michel, sans rien enlever au spectacle féérique de la nuit tombant sur le Rocher entouré d'eau.

Compris entre 20 et 120, ce coefficient donne une indication du "marnage" attendu... et de l'affluence touristique. Propriétaire de plusieurs hôtels et restaurants au Mont, Patrick Gaulois assurait récemment qu'il n'y avait plus aucune disponibilité sur le "Rocher" depuis octobre.

Le #MontSaintMichel est bien une île ce matin et c'est magnifique ! #mareedusiecle http://t.co/8thOTkKURb pic.twitter.com/jAnTIWPcJL

— Bleu_BNormandie (@fbleubnormandie) 21 Mars 2015

Appels à la vigilance

Les autorités locales ont multiplié ces derniers jours les appels à la prudence en direction des pêcheurs à pied qui pourraient se retrouver piégés par la marée, en particulier dans la baie du Mont, où selon le dicton, elle remonte "à la vitesse d'un cheval au galop".

"Ce phénomène naturel est une opportunité incroyable pour le tourisme en Bretagne à cette période de l'année", assurait il y a peu Michael Dodds, directeur du Comité régional du tourisme, disant s'attendre à une "forte fréquentation" touristique, alors que plus des deux tiers des Français aimeraient assister au phénomène, selon un sondage OpinionWay.

Une météo clémente

La météo s'annonçant plutôt clémente, les inondations devraient être rares et de faible ampleur et les communes littorales n'ont pris que de simples mesures de précaution, comme à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) où les digues ont été interdites d'accès mais pas les sentiers côtiers.

À Bordeaux, il est simplement conseillé aux automobilistes garés sur la rive droite de la Garonne de surveiller l'évolution du niveau de l'eau.

Dans le nord du pays, "la rade de Boulogne est protégée par deux digues, donc on n'aura pas de gros dégâts", indique-t-on à l'office du tourisme de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), pour justifier l'absence de dispositifs de sécurité. "Il n'y a pas de tempête d'annoncée donc ça va être un peu moins impressionnant qu'on pourrait l'espérer", tempère-t-on.

Ailleurs dans le monde, ce phénomène sera également très visible sur la côte est de la Terre de feu, à l'extême sud du continent américain, ainsi que sur la côte nord de l'Australie et au Royaume-Uni, dans le canal de Bristol.

Ces fortes marées interviennent alors que plusieurs facteurs astronomiques sont en conjonction parfaite : alignement des astres et distance les plus courtes sur les orbites. Les marées résultent de l'attraction de la Lune et du Soleil sur les mers et les océans.

Avec AFP