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Le secrétaire d’État américain, John Kerry, qui assiste avec ses homologues européens à la conférence internationale sur la sécurité, à Munich, a déclaré que Washington et Bruxelles "se tenaient aux côtés du peuple ukrainien dans son combat."
Alors que Washington plaidait jusqu’à présent la non-ingérence, le secrétaire d'État américain John Kerry a officiellement apporté, samedi 1er février, son soutien aux opposants ukrainiens. S’exprimant au nom des États-Unis et de l’Union européenne (UE), il a déclaré se “tenir aux côtés du peuple ukrainien dans son combat" pour se rapprocher de l'Europe.
"Ils se battent pour le droit de s'associer à des partenaires qui les aideront à réaliser leurs aspirations. Ils considèrent que leur avenir ne dépend pas d'un seul pays et certainement pas sous la contrainte", a ajouté le chef de la diplomatie américaine dans une allusion directe à la Russie, lors d'un discours prononcé à la Conférence sur la sécurité se tenant à Munich en Allemagne. "La Russie et les autres pays ne devraient pas voir l'intégration européenne de ses voisins comme un jeu à somme nulle", a-t-il encore dit.
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Cette prise de position est la plus forte exprimée à ce jour par Washington en faveur de l'opposition. Le chef de la diplomatie américaine doit également rencontrer, samedi après-midi, à Munich, les leadeurs de l'opposition ukrainienne.
John Kerry a tenu toutefois à condamner la présence d'"éléments répugnants dans les rues" de Kiev après que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, eut mis en avant le rôle de néo-nazis dans les manifestations. Mais pour le secrétaire d’État, "la vaste majorité des Ukrainiens veulent vivre librement dans un pays sûr et prospère".
Laurent Fabius rencontre aussi l’opposition
Également présent à Munich, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, doit rencontrer son homologue ukrainien ainsi que des opposants afin de tenter d'éviter une escalade du conflit en Ukraine. "Il va appeler au dialogue et à la responsabilité", a indiqué à l'AFP une source diplomatique française, ajoutant : "Les annonces ne peuvent être en trompe l'œil", en référence à la récente abrogation des lois répressives en Ukraine.
"Des rumeurs circulent sur l'état d'urgence et les agissements de certaines forces de sécurité", a poursuivi cette source. "De telles décisions ne seraient pas acceptables", a-t-elle dit.
Le mouvement de contestation, né du refus de Viktor Ianoukovitch fin novembre de signer un accord d'association avec l'UE, y préférant un rapprochement avec Moscou, s'est transformé en une crise profonde qui inquiète de plus en plus à l'étranger.
Disparitions inquiétantes d’opposants
Sur le terrain, le cas de Dmytro Boulatov, enlevé et passé à tabac, relance les inquiétudes sur le sort des opposants disparus. Ce père de famille de 35 ans est assigné à résidence pour organisation présumée de troubles massifs.
À ce jour, 33 personnes ayant pris part aux manifestations contre le pouvoir manquent à l’appel, selon l'ONG SOS Euromaïdan qui répertorie ces cas. Un chiffre qui est toutefois difficilement vérifiable.
Avec AFP