
Revirement au 3e jour du procès de Josef Fritzl : l’accusé a finalement plaidé coupable de tous les chefs d’accusation, y compris du meurtre d’un des 7 enfants nés pendant les 24 années où il a séquestré sa fille.
"Je plaide coupable de (tous) les chefs de l’acte d’accusation". Mercredi matin, devant la cour d’assises de Sankt-Pölten, près de Vienne, en Autriche, Josef Fritzl a finalement reconnu être responsable de la mort d’un nouveau-né. Il a également admis avoir traité sa fille en esclave. Jusqu’alors, il ne s’était reconnu coupable "que" de viols, inceste, séquestration et menaces aggravées. "Je regrette", a-t-il ajouté.
Lorsque le juge Andrea Humer lui demande pourquoi il a changé d'avis, Fritzl évoque le long témoignage de sa fille – une vidéo de 11 heures diffusée la veille dans laquelle elle décrit ses terribles conditions de vie dans le sous-sol de la maison de son père.
"Il a expliqué qu’il n’avait pas compris (avant de visionner ces vidéos, NDLR) qu’Elisabeth avait vécu tant de souffrances", raconte Philomé Robert, l’un des envoyés spéciaux de FRANCE 24 en Autriche. "Son attitude a surpris tout le monde", précise-t-il.
"Les avocats de Fritzl ont déclaré, hors du tribunal, qu’ils ne savaient pas que leur client avait changé d’avis", explique aussi Angela Yeoh, envoyée spéciale de FRANCE 24, par le biais du service Internet Twitter (Cliquez ici pour suivre ses commentaires, en anglais).
Le changement de stratégie de l'accusé pourrait avoir pour conséquence de raccourcir les débats.
Les experts recommandent l’hôpital psychiatrique
Contrairement à ce qu'il avait fait les deux jours précédents, Fritzl est entré, mercredi, dans la salle d'audience sans dissimuler son visage, escorté de dix policiers et toujours vêtu de son costume gris avec une chemise bleue.
Ce troisième jour de procès est consacré à l’examen de la personnalité de l’accusé. Celui-ci doit être interné "dans un centre psychiatrique spécialisé", a déclaré devant le tribunal l’experte psychiatre Adelheid Kastner.
"Le danger persiste qu'il commette à nouveau des actes graves s'il n'est pas soigné, c'est pourquoi il sera nécessaire qu'on le traite jusqu'à ce qu'on puisse dire qu'il n'est plus dangereux", a-t-elle indiqué.
Avant le procès, dans un rapport de 130 pages, Adelheid Kastner avait déclaré l'accusé pénalement responsable de ses actes mais avait aussi décelé chez Josef Fritzl, 73 ans, des troubles graves de la personnalité et des déviances sexuelles.
A l'issue de l'audience qui s'est tenue en présence des journalistes après près de deux journées de huis clos, les trois juges se sont retirés pour préparer la liste des questions qu'ils soumettront, jeudi, aux 8 jurés.
Elles seront lues jeudi matin en séance publique devant la cour. Le verdict du procès est attendu jeudi après-midi.
L’accusé risque la prison à vie s'il est jugé responsable de la mort par manque de soins, en 1996, d'un nourrisson né du viol de sa fille. Il a reconnu qu'il aurait dû l'emmener à l'hôpital quand il a constaté qu'il avait des difficultés à respirer. Il avait brûlé dans une chaudière le corps du petit garçon.