
La Maison Blanche a déposé plainte devant l’OMC contre les subventions chinoises aux exportations de voitures. Une annonce qui survient alors que la politique industrielle du président sortant est de plus en plus critiquée par le camp républicain.
L'administration Obama est repartie en guerre commerciale contre Pékin. Ce lundi 17 septembre, la Maison Blanche a annoncé que les États-Unis avaient saisi l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) d’une plainte contre la Chine, accusée de favoriser l'exportation de ses automobiles et pièces détachées.
Cette offensive commerciale était largement attendue. Dès dimanche, l’entourage du président des États-Unis, actuellement en campagne pour sa réélection en novembre, avait évoqué l’imminence d'une plainte. Les subventions chinoises seraient une forme “de concurrence déloyale pour les constructeurs américains de pièces détachées et encourageraient la délocalisation d’emplois américains”, avait indiqué un responsable de la Maison Blanche à l’AFP sous couvert d’anonymat.
Pékin “a injecté plus de 1 milliard de dollars de subventions aux exportateurs chinois entre 2009 et 2011”, précise, ce lundi, Ron Kirk, le représentant américain au Commerce extérieur dans l’administration de Barack Obama.
Ping-pong de publicités
L’annonce de cette plainte s'inscrit surtout dans un agenda politique très précis pour le président sortant, actuellement en tournée dans le très disputé État de l’Ohio, où un emploi sur huit dépend de l’industrie automobile.
L’actuel locataire de la Maison Blanche a été plusieurs fois pris pour cible par son adversaire républicain, Mitt Romney, pour sa supposée inaction face à la menace que la Chine ferait peser sur les emplois aux États-Unis. Le poulain du Grand Old Party (GOP) s'est même fendu d’un clip de campagne (voir ci-dessous), le 13 septembre, fustigeant les “500 000 emplois perdus dans l’industrie” depuis l’arrivée de Barack Obama au pouvoir. Une désindustrialisation qui aurait, à en croire la publicité, d'abord bénéficié aux Chinois.
La volonté des républicains de mettre les rapports commerciaux avec la Chine au cœur de la campagne remonte à décembre dernier. Pékin avait alors annoncé son intention de mettre en place des taxes antidumping et antisubvention sur certaines voitures importées des États-Unis. Washington s’était, dans un premier temps, contenté de “déplorer” cette décision, déclenchant les foudres de plusieurs membres de la Chambre des représentants, notamment républicains, qui avaient appelé Barack Obama à porter l’affaire devant l’OMC.
Alors que la campagne est entrée dans la dernière ligne droite, le président américain a donc accepté de rentrer dans le jeu de son adversaire et de faire de la Chine le "grand méchant" du moment. Le 14 septembre, son équipe de campagne a répliqué à la publicité de Mitt Romney par un clip de son cru qualifiant l’ancien gouverneur du Massachusetts de “tricheur”. La raison : Bain Capital, l'ancien fonds d'investissements de Mitt Romney, qui aurait “investi dans des entreprises qui sont spécialisées dans la délocalisation d’activités dans des États à faible coût de main d’œuvre comme la Chine”, assure cette vidéo.
Pékin, de son côté, n’apprécie que très modérément cette partie de ping-pong anti-chinoise entre les deux candidats à la Maison Blanche. Ce lundi, la Chine a saisi à son tour l'OMC contre des "mesures compensatoires et antidumping" des États-Unis visant un grand nombre de produits (acier, pneus, fournitures de cuisine ou parquets) exportés par la Chine sur le sol américain.