
Le musée du Louvre expose du 6 mars au 29 juin quelque 300 objets funéraires de l'Égypte ancienne. Intitulée « Les Portes du Ciel », l'exposition est consacrée à la vision du monde et de l'Au-delà à l'époque des Pharaons.
AFP - Le musée du Louvre ouvre du 6 mars au 29 juin les "portes du ciel" et de l'Au-delà dans l'Egypte ancienne, pour une exposition qui veut "offrir un autre regard" sur une civilisation considérée comme familière.
Quelque 300 objets - statues, sarcophages, papyrus, animaux momifiés, etc - sont présentés dans la grande exposition de rentrée du musée parisien, issus aux deux tiers du Louvre lui-même et complétés par quelques prêts exceptionnels, du British Museum notamment et des grands musées européens.
Les oeuvres exposées vont de l'Ancien Empire à l'époque romaine, traversant 5.000 ans de civilisation égyptienne.
"Pour beaucoup, l'Egypte ancienne, c'est simple", dit le commissaire de l'exposition Marc Etienne à la presse, "nous considérons les objets comme familiers. On a une impression de monotonie", ajoute le conservateur pour qui l'art égyptien est au contraire plus "diversifié et souple" qu'on ne le croit d'ordinaire.
L'exposition, dont le thème est complexe, s'attache à évoquer les visions du monde et de l'Au-delà dans l'Egypte ancienne, qui se manifestaient par une sorte de cycle toujours recommencé, un mouvement perpétuel entre la vie et la mort, le jour et la nuit, l'humain et le divin.
Les "portes du ciel", titre de l'exposition, désignaient les battants du tabernacle qui abritait la statue de la divinité, dit M. Etienne et, par extension, le point de passage vers d'autres mondes. Le thème, nouveau, fera l'objet de colloques et de tables rondes.
Quatre lieux en étaient la concrétisation, restés immuables pendant des millénaires, ajoute le conservateur : le sanctuaire des dieux, l'Au-delà, la chapelle de la tombe et le parvis du temple.
Ces quatre lieux ponctuent le trajet du visiteur. Les principaux mythes de création, Noun, le père des Dieux, la légende d'Osiris, sont évoqués par stèles ou bas-reliefs. Groupes sculptés, sarcophages ou masques mortuaires racontent le rôle du pharaon, qui maintient l'ordre cosmique sur terre ou les divers rites funéraires.
Dans une salle aux murs bleu nuit, l'exposition s'interroge sur ce qui se passait après la mort, selon les croyances du temps. Le "cadavre ne ressuscite pas en Egypte", dit le commissaire, "il est lui-même un tabernacle, un point d'ancrage et ne doit donc pas être détruit", dit-il.
L'importance de cette momification est même chiffrée par les chercheurs, qui ont calculé que tout le rituel autour de la mort - cercueil intérieur, extérieur, vases canopes qui contenaient les viscères, Livre des Morts - coûtaient plus de deux ans d'un salaire moyen.
Quant aux momies de chatons, très nombreuses dans les tombes, elles ne signifiaient que les Egyptiens les aimaient particulièrement. Les "radios ont montré qu'ils ont tous les vertèbres brisées. Ce sont des animaux pour servir d'offrandes, ça coûte moins cher que de faire faire une statue divine en bronze", dit-il.