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Face à la crise, comment bien placer son argent ?

Les Bourses européennes plongent de nouveau et les perspectives de l'économie mondiale inquiètent sérieusement. Dans ce contexte, comment doit réagir un petit épargnant afin de sauver ses économies ? Entretien.

Vendredi, les marchés mondiaux plongeaient de nouveau, affolés par les perspectives inquiétantes de l'économie mondiale et la crise de la dette au sein de la zone euro. Un climat d'inquietude qui brouille les pistes pour le petit épargnant, perdu dans la tempête boursière actuelle. Pour savoir comment placer son argent dans un tel contexte, France 24 a interrogé Florin Aftalion, professeur émérite d’économie et de finances à l’Essec.
 

FRANCE 24 : Les places boursières mondiales dévissent et les perspectives de l'économie mondiale inquiètent. Comment doit réagir un petit épargnant dans une telle conjoncture ?
Florin AFTALION : Ce contexte incite à la prudence. A ce stade, il ne faut donc surtout pas bouger car l’expérience montre que le marché chute puis finit par remonter. Il ne faut prendre aucun risque en attendant que les Bourses, qui ont fréquemment ce type de réactions brutales liées à la panique, retrouvent un peu de sérénité. Les détenteurs de petits portefeuilles qui auraient vendu des actions  pourraient s’en mordre les doigts. Quant à ceux qui n’ont pas de portefeuille, il existe des investissements sûrs pour des sommes limitées.
F24 : Justement, quels types de placement faut-il privilégier dans ce type de situation ?
F.A. : Le Livret A, produit d'épargne réglementée et garanti par l’État, ou les fonds en euros constituent par exemple des investissements sûrs. Ainsi, 10 milliards d'euros ont été versés au premier semestre sur les Livrets A - soit presque deux fois plus que sur toute l'année 2010. Liés à l’assurance vie, les fonds en euros sont des produits intéressants. Il s’agit en effet d’un placement sans risque au capital garanti, sauf en cas de cataclysme. Ensuite, on évoque souvent l’or comme une valeur-refuge. Mais il faut faire attention car il a, intrinsèquement, des limites et pourrait devenir risqué. En effet, son prix étant très élevé, l’or a de fortes chances de repartir à la baisse.
Enfin, pour ceux qui souhaitent investir en Bourse, je peux citer l’exemple des Trackers, ETF [Exchange Traded Funds]. Ce sont des fonds communs de placement, cotés et négociés sur les bourses de valeurs comme des valeurs mobilières classiques, qui peuvent constituer une solution de diversification dans le contexte actuel. Pour être complet, il faut combiner ce placement avec, par exemple, un Livret A.
F24 : A contrario, quels sont les placements que vous déconseillez aux petits épargnants ?
F.A. : Il faut bien évidemment éviter les produits sensibles et diversifier ses investissements. L’histoire des Sicav immobilières [portefeuille de valeurs mobilières - actions, obligations], réputées sans risque, montre qu’elles n’apportent pas de rentabilité. Il faut par ailleurs éviter les obligations longues, très sensibles aux taux d’intérêts et à l’inflation. Enfin, il faut se méfier des assurances vie, et ce malgré leur succès. Si le secteur est touché par la crise, elles peuvent devenir un produit sensible. Il faut les donc combiner avec un portefeuille diversifié afin de limiter les risques.