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La bactérie E.coli de la souche 0104, qui peut provoquer des diarrhées mortelles, a été retrouvée pour la première fois dans des graines germées. Selon l'enquête des autorités, une exploitation du nord de l'Allemagne serait à l'origine de l'épidémie.

Les mailles du filet se resserrent. Les autorités sanitaires allemandes ont confirmé vendredi les soupçons qui planaient depuis quelques jours : les responsables de l’épidémie mortelle liée à la bactérie E.coli sont  très probablement les graines germées. "Nous déconseillons de manger des jeunes pousses crues", a déclaré ce vendredi, lors d’une conférence de presse, Reinhard Burger, président de l’Institut Robert Koch qui supervise les recherches sur l’épidémie qui sévit depuis un peu plus de deux semaines en Europe.

Dans la foulée de cette annonce, les autorités ont écarté la possibilité que la maladie puisse être véhiculée par les tomates, salades et concombres, comme cela avait été suggéré auparavant. Les graines germées, pointées du doigt depuis le début de la semaine, peuvent être des lentilles, du soja ou encore des petits pois. Les boutiques spécialisées en diététique en vendent de toutes les sortes (pois chiches, moutarde, tournesols etc.)

Vendredi après-midi, les premières traces de bactéries E.coli de la souche 0104 ont été relevées dans un sachet de graines qui provenaient, selon les premiers éléments de l'enquête, de l'exploitation soupçonnée d'être à l'origine de l'épidémie. Ce premier test positif est le premier élément matériel qui vient confirmer un faisceau d'indices recueillis par les enquêteurs des services sanitaires allemands

Une traque digne d’un polar

La principale piste qui a mené les autorités sanitaires sur la trace de ces graines germées provient d'une étude menée sur les menus des restaurants où se sont rendues des victimes de la bactérie E.coli.

Une étude aux allures d’enquête policière qui est détaillée, vendredi, sur le site officiel de l’Institut allemand du risque sanitaire [lien en allemand, NDLR]. Des enquêteurs ont réussi, dans un premier temps, à isoler un groupe de 19 malades qui s’étaient rendus dans un même restaurant, à une même date. Ils ont ensuite consulté les menus servis ce jour et, en présentant au personnel du restaurant les photos des clients contaminés, les enquêteurs ont  pu "déterminer que 100% d’entre eux avaient ingéré des graines germées", comme l'explique le rapport conjoint de l'Institut Robert Koch et de l'Institut du risque.

Une conclusion qui a permis aux autorités de remonter à la source la plus probable de l’épidémie : une petite exploitation fermière du nord de l’Allemagne qui produit des graines germées. Une piste qui avait déjà été évoquée en début de semaine, avant d'être remise en cause par les autorités sanitaires allemandes.

Le ministre de l'Agriculture de Basse-Saxe, Gert Lindemann a même précisé au magazine allemand Focus, qu’il pourrait s’agir de l’exploitation spécialisée dans les produits "bio" Gärtnerhof, située dans la ville de Bienenbüttel, dans le Land (division géographique et administrative allemande, NDLR) de Basse-Saxe. "Sur une population de 55 personnes malades étudiées dans la région, 27 ont été infectées par des produits provenant de ce lieu", confirme le rapport de l’Institut Robert Koch.

Mais les autorités sanitaires n’écartent pas la possibilité que d’autres exploitations du même type puissent propager la bactérie. Ils n’ont en effet pas encore réussi à identifier précisément quelle est l’origine de l’épidémie. Elle peut provenir de l’eau, des semences ou encore des fournisseurs qui ont pu apporter la bactérie sur place. L’enquête est donc loin d'être terùmeinée. En attendant, le nombre des cas d’infection a diminué en Allemagne.