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Optimisme croissant sur le front de l’emploi

Si le moral des cadres est stable après la hausse de septembre, l’optimisme est de retour en ce qui concerne l’emploi. Une évolution nouvelle et tout à fait majeure dans la perspective d’une sortie de crise.

Sondage Viavoice réalisé pour HEC, Le Figaro Economie, France Inter et France 24. Interviews effectuées en ligne du 17 au 23 septembre 2010. Échantillon de 400 personnes, représentatif de la population des cadres résidant en France métropolitaine. Représentativité assurée par la méthode des quotas appliquée aux critères suivants : sexe, âge, statut d’activité (salarié du secteur public ou du secteur privé).

Analyse de François Miquet-Marty, Viavoice

La dernière vague du Baromètre des cadres Viavoice – HEC – Le Figaro Economie – France Inter – France 24 livre deux enseignements majeurs et ambivalents :
- D’une part l’indice global du moral des cadres est stable après la hausse de septembre (+6 points) à - 41 point ;
- De l’autre on observe un retour très significatif de l’optimisme concernant l’emploi, évolution nouvelle et tout à fait majeure dans la perspective d’une sortie de crise.
 

Ce signe paraît particulièrement encourageant pour deux raisons : d’abord parce que la
perspective d’une reprise de la croissance sans recul du chômage s’éloigne. Ensuite parce que l’emploi est, par son impact sur les jeunes diplômés, une condition indispensable pour rétablir la confiance. On comprendra dès lors que le moral des jeunes cadres est au-dessus de la moyenne, contrairement à ce que l’on a pu observer tout au long de l’année 2009.

Enfin, il est significatif d’une sortie de crise partielle, malgré un climat économique et social qui reste morose et caractérisé par les mouvements sociaux de cette rentrée.

Des cadres de moins en moins pessimistes sur l’évolution du chômage et les
perspectives de carrière

Certes les cadres restent 55 % à penser que le chômage augmentera dans les années à
venir. Mais ce taux est au plus bas depuis le début de la crise en 2008 : il est en baisse de 8 points par rapport aux données de septembre, et de 19 points par rapport à celles de mai 2010.
Une telle évolution en cinq mois ne saurait s’expliquer uniquement par les bons chiffres
annoncés durant l’été (35 000 créations de postes au deuxième trimestre). Elle indique
également que cette tendance s’est poursuivie à la rentrée dans bon nombre d’entreprises. Elle souligne enfin, même relativement que les cadres sont de plus en plus optimistes sur les perspectives à long terme.

Qui plus est, ce retour de l’optimisme s’observe également, bien que plus timidement,
concernant les évolutions de carrière : 18 % des cadres estiment que les opportunités pour faire progresser leur carrière dans les mois à venir seront importantes, en hausse de 3 points depuis septembre.

Des perspectives financières personnelles moins enthousiasmantes
 

Le retour de l’emploi ne s’accompagne pas, bien au contraire, d’augmentations de salaires et d’une meilleure santé financière des cadres. C’est ce qu’indique la baisse concomitante de trois indices essentiels, à l’heure où les perspectives d’emploi s’améliorent :
- Ainsi, seuls 11 % des cadres pensent que le niveau de vie en France va s’améliorer dans
les mois à venir, en baisse de 5 points ;
- De la même manière, 15 % des cadres pensent que leur situation financière personnelle va s’améliorer, contre 17 % en septembre (-2) et 20 % en avril (-5) ;
- Enfin, il semble que cette situation impacte la motivation des cadres dans les entreprises, puisque 32 % des cadres jugent leurs collaborateurs motivés, résultat en baisse de 4 points par rapport aux données recueillies en septembre, et de 13 points par rapport à celles enregistrées en avril.
 

Un effet générationnel majeur

Le moral des cadres est ainsi en ce troisième trimestre particulièrement ambivalent : plus
optimiste sur l’emploi, moins sur les salaires et le niveau de vie. On comprend que l’effet
générationnel est important dans un tel contexte : plus encore que lors des précédentes
vagues, l’optimisme apparaît fort chez les jeunes, et faible chez les plus de 40 ans :
- Les 18-29 ans ne sont que 40 % à penser que le chômage augmentera dans les mois à
venir, contre 55 % pour l’ensemble des cadres ;
- Ils sont également 44 % à penser que leur situation financière va s’améliorer (contre 15 %) et 41 % à envisager des opportunités importantes d’évolution de carrière (contre 18 %).
Ces différences de perceptions sont significatives dans le contexte social actuel, et révèlent que les principaux enjeux ne sont pas perçus également par tous. Cette situation est toutefois, et sans minimiser les difficultés des seniors, de bonne augure en regard d’une crise économique qui aura d’ores et déjà été particulièrement difficile pour les jeunes diplômés.


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