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Europe Écologie lance l'ex-magistrate Eva Joly dans la course à l'Élysée

Le mouvement écologiste français a fait un grand pas vers son unité, samedi, au terme de ses trois Journées d'été à Nantes. Les Verts et Europe Écologie ont placé l'eurodéputée Eva Joly sur orbite. Objectif : la présidentielle de 2012.

AFP - Les Verts et Europe Ecologie ont lancé samedi Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d'été à Nantes également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait sur les questions d'organisation du rassemblement des écologistes.

Samedi soir, Cécile Duflot et Eva Joly, longuement ovationnées, ont clos les Journées main dans la main, la numéro un des Verts et l'eurodéputée n'ayant cessé d'afficher leur bonne entente et leur complémentarité sur le campus nantais après que Mme Duflot eut annoncé ne pas se sentir aujourd'hui "les épaules suffisantes" pour mener la campagne présidentielle.

Sur la scène de l'amphithéâtre archi-comble de la faculté de droit du campus nantais (1.000 militants), Mme Joly a plaidé pour la "transformation écologique et éthique de la société avec la justice sociale au centre".

Fustigeant la politique sécuritaire "populiste" de Nicolas Sarkozy, l'ex-juge franco-norvégienne a tiré profit de son accent. "Il y a les accents de Marseille, de Béthune, de Strasbourg, des Roms, des Italiens, on a du mal à les entendre dans notre société, d'une certaine façon je les représente aussi", a-t-elle lancé, très applaudie.

Repères chronologiques
  • 5 décembre 1943 : naissance à Oslo (Norvège)
  • 1962 : décroche une bourse après un concours de beauté et émigre en France
  • 1967 : épouse Pascal Joly, étudiant en médecine
  • 1981 : entre à l'Ecole nationale de la magistrature
  • 1990 : nommée juge d’instruction au pôle financier du tribunal de Paris
  • 1993 : début de l’affaire Elf
  • 2002 : fin du premier volet de l’affaire Elf. Eva Joly démissionne de la magistrature. Départ pour la Norvège
  • 2003 : Déclaration de Paris, un programme de lutte contre la corruption
  • 2009 : élection au Parlement européen
     

Mme Duflot, s'exprimant "peut-être pour la dernière fois comme secrétaire nationale des Verts", a affirmé la "nécessité de mettre en oeuvre un pacte d'alternative démocratique" pour une "République qui rassemble et libère".

Se projetant en 2012, Eva Joly avait annoncé dans l'après-midi qu'elle souhaitait "s'immerger dans les problèmes concrets des Français" en allant "beaucoup" sur le terrain.

Avouant à demi-mots qu'elle ne maîtrisait pas tous les dossiers, l'ex-juge anti-corruption a dit son "désir" d'une campagne "extraordinairement collective" car "personne ne pense qu'un candidat a la science infuse".

Souhaitant "associer la diversité des intelligences", elle compte se faire aider, entre autres, par Cécile Duflot, José Bové sur l'agriculture ou Yannick Jadot sur le nucléaire. Cohn-Bendit lui a "promis solennellement qu'il serait toujours à (ses) côtés".

Si la candidature de "l'écoJoly" semble faire consensus même si rien n'est encore officiellement décidé (des primaires écologistes pourraient avoir lieu en 2011), d'autres questions restent en suspens sur l'avenir d'EE.

Le principe d'un "mouvement unifié", sorte de parti unique fusionnant Verts et EE, est acquis et verra le jour officiellement aux assises de l'écologie à Lyon (13-14 novembre). Mais sa direction reste à définir.

Daniel Cohn-Bendit, parti samedi matin de Nantes, a, lui, répété qu'il "démissionnait de son poste de Zorro" sur le sujet, tout en plaidant pour un binôme Cécile Duflot-Yannick Jadot.

Une des hypothèses qui semble désormais tenir la corde consisterait à confier la présidence du nouvel ensemble à l'eurodéputé Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot et co-fondateur d'EE. Mme Duflot conserverait le "pilotage exécutif" et au moins deux porte-parole seraient nommés.

Il faudra aussi aux écologistes régler l'épineuse question de la validation des décisions à prendre lors des assises à Lyon : qui vote? et comment?

Ces Journées d'été auront en tout cas été très studieuses pour les 2.200 militants écolos inscrits qui ont travaillé sur les retraites, la santé, se sont demandé "ce que ferait un écologiste au ministère de l'Intérieur" ou si le PS avait "le monopole du +care+" cher à Martine Aubry.

Car Europe Ecologie compte proposer un vrai projet de gouvernement. Cécile Duflot a ainsi rappelé qu'il n'y aurait "pas de projet commun" avec le PS mais "un contrat" de gouvernement "sur un certain nombre de réalisations".