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Un journaliste de France 3 affirme avoir été giflé par le service d'ordre de Nicolas Sarkozy lors de la visite en Seine-Saint-Denis, mercredi, du président. Il voulait filmer l'arrestation musclée d'un homme accusé d'avoir insulté le chef de l'État.

AFP - Un journaliste cameraman de France 3 a raconté vendredi avoir été giflé par un policier alors qu'il voulait filmer l'arrestation d'un jeune homme ayant insulté Nicolas Sarkozy lors de la visite surprise du chef de l'Etat en Seine-Saint-Denis mercredi.

"J'étais là par hasard, sur un tout autre sujet", explique sur le site europe 1.fr le cameraman de France 3 Ile-de-France, Pierre Lassus, lorsque, avec son équipe, il a vu Nicolas Sarkozy sortir du commissariat de La Courneuve.

35 heures de TIG pour l'homme qui a insulté Sarkozy

Le jeune homme qui a été interpellé mercredi soir pour avoir insulté Nicolas Sarkozy, en visite en Seine-Saint-Denis, a été condamné vendredi à 35 heures de travaux d'intérêt général par le tribunal de grande instance de Bobigny.

Le procureur avait requis une peine de 210 heures de TIG et sa privation des droits civils et civiques.

Il a ensuite vu un jeune homme, qui aurait insulté le chef de l'Etat, se faire arrêter par des policiers. Une partie de la scène a été filmée et diffusée dans le journal télévisé de France 3 Ile-de-France.

"Quand le service d'ordre de Nicolas Sarkozy l'a arrêté (le jeune homme, NDLR), j'ai essayé de filmer mais nous n'avons pas pu. L'un des hommes s'est alors approché de moi et m'a claqué directement, en disant +on ne filme pas+", poursuit le cameraman.

Le SNJ-CGT de France Télévisions a décidé de porter plainte "pour atteinte à la liberté de la presse" et de saisir le ministre de l'Intérieur pour qu'une enquête soit diligentée par l'inspection générale des services, a indiqué à l'AFP Jean-François Téaldi.

La société des journalistes (SDJ) de France 3 a dénoncé une "grave atteinte à la liberté de la presse". "A l'évidence, la présidence de la République n'accepte les médias que dans un cadre qu'elle a au préalable strictement défini, pour contrôler au mieux son image", poursuit la SDJ, dans un communiqué.

Elle rappelle qu'"aucun journaliste" n'avait été informé du déplacement du chef de l'Etat et que le caméraman de France 3, qui enquêtait depuis trois jours sur un trafic de stupéfiants, "avait pris soin de se présenter en tant que journaliste de France 3 auprès du ministre de l'Intérieur".

Le jeune homme de 21 ans interpellé mercredi soir devait être jugé vendredi en comparution immédiate au tribunal de Bobigny. Il a été blessé lors de son interpellation et neuf jours d'incapacité totale de travail lui ont été prescrits.