
Le président russe Dmitri Medvedev a affirmé que l'accord signé avec l'Union européenne samedi sur la reprise des livraisons de gaz à l'Europe via l'Ukraine ne pouvait être appliqué en l'état en raison de contradictions dans le document.
AFP - Le président russe, Dmitri Medvedev, a estimé dimanche soir que l'accord sur le transit du gaz russe via l'Ukraine était "nul et sans valeur", accusant Kiev d'avoir ajouté une mention manuscrite sur le texte déjà signé par Moscou, selon la télévision russe.
En conséquence, M. Medvedev a ordonné au gouvernement russe de ne pas appliquer le protocole d'accord arraché de haute lutte par la présidence tchèque de l'Union européenne, éloignant ainsi la perspective d'une reprise rapide des livraisons de gaz russe via l'Ukraine aux pays européens.
Pour sa part, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré dimanche au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, que les agissements de l'Ukraine étaient "inadmissibles", selon les agences russes.
Aucune réaction aux déclarations des dirigeants russes n'a pu être obtenue dans l'immédiat à Kiev.
Le document avait été signé samedi par la Russie, lors d'une visite du Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, à son homologue russe, Vladimir Poutine, dans la région de Moscou.
M. Topolanek s'était ensuite rendu à Kiev avec le texte signé par la Russie, pour le soumettre aux dirigeants ukrainiens qui l'ont signé dans la nuit de samedi à dimanche.
"Je pense que ceux qui ont signé ce document avec une réserve comprennent bien les conséquences juridiques de ces agissements", a ajouté M. Medvedev.
Il a assuré qu'une phrase écrite à la main par la partie ukrainienne rendait le document nul et non avenu, lors d'un entretien avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov retransmis à la télévision.
Lors de la diffusion de cet entretien, la télévision russe a montré un document présenté comme le texte de l'accord signé par la Russie, l'Ukraine et l'UE, sur lequel figure la mention écrite à la main: "déclaration à suivre".
"Ainsi, nous sommes obligés de considérer le document signé comme nul et sans valeur pour nous. Nous ne l'appliquerons pas tant que cette réserve ne sera pas retirée" par la partie ukrainienne, a ajouté M. Medvedev.
Lors d'une conversation téléphonique à l'initiative de M. Barroso, "M. Poutine a attiré l'attention de son interlocuteur sur le fait que tous les suppléments au protocole signé à Moscou par les représentants de la Russie et de l'Union européenne, dont le contenu n'a pas été coordonné avec la partie russe, étaient inadmissibles", selon le service de presse du gouvernement cité par les agences russes.
La signature de l'accord sur la surveillance du transit de gaz russe vers l'Europe via l'Ukraine est indispensable à la reprise des livraisons dont les pays de l'UE sont privés depuis cinq jours en raison d'un conflit entre Kiev et Moscou sur le prix du gaz russe à payer en 2009 et les arriérés de paiement.
Plusieurs pays d'Europe centrale et balkanique, dépourvus de réserves, ont dû faire face cette semaine à de graves difficultés, laissant notamment des centaines de milliers de personnes sans chauffage en pleine vague de froid.